FRAD043_075 Pierre Rivet et Jean-Raymond Phelut | soldats de la Grande guerre

René Salleyrette raconte l'histoire de son grand-père maternel pierre Rivet, originaire de Landos en Haute-Loire, parti au front alors que son petit garçon, cadet de ses enfants, est âgé d’à peine 3 ans. Parmi les papiers personnels de Pierre Rivet, conservés, légendés et annotés par son petit-fils René Salleyrette, une photographie datée de 1910 ainsi qu’un ordre d’appel sous les drapeaux attestent que Pierre Rivet intègre un régiment à Clermont-Ferrand avant guerre. Une seule lettre est datée de décembre 1914, toutes les autres sont postérieures à 1916. Pierre Rivet n’évoque que peu la guerre dans sa correspondance ce qui laisse penser à son petit-fils qu’il évite le sujet à cause de la censure. René Salleyrette confirme que le sujet était également peu abordé dans la famille. Les sujets récurrents des écrits de Pierre Rivet ont trait à la famille et notamment à la santé de son garçon alors malade, à la gestion de la boulangerie familiale tenue par sa femme depuis son départ et aux soins apportés aux animaux très présents dans cette famille paysanne. En avril 1915 (photographie n°1), Pierre est affecté aux fours fixes à Verdun, il prépare du pain pour la troupe. Dans la famille de Pierre, on a toujours pensé que s’il n’avait pas été boulanger de guerre, il serait mort bien plus tôt. Le 10 juillet 1916 répondant au dernier courrier reçu de sa femme Marie (photographie n°2), Pierre se fait penseur et poète : « … tu peux croire chère Marie qu’elles me font plus de plaisir que la théorie militaire, c’est les jeux extrémistes de la vie, tes lettres sont la douceur même qui ennoblit notre vie tandis que le reste c’est que carnage et destruction. À quand donc serai-je débarrassé de cette tyrannie qui nous martyrise, combien de fois on se le répète dans une journée ou les heures pénibles vous arrache ce cri de détresse … ». À partir de la mi-juillet 1918, sa femme Marie n’a plus de nouvelle de Pierre et la dernière lettre qu’elle lui adresse le 5 août lui revient avec la mention « Retour à l’envoyeur ». Ses craintes se confirment lorsqu’elle reçoit un courrier de l’aumônier brancardier Joseph Bossart, daté du 10 août 1918 (voir photographie n°3), dans lequel il lui annonce la terrible nouvelle. Son mari est mort le 18 juillet 1918 à côté de Cormoillieux entre Reims et Epernay. L’aumônier brancardier pèse ses mots, il compatit et partage la peine de l’épouse du soldat en bon chrétien : « je comprends combien a été pénible pour vous cette croix que vous a envoyée le bon Dieu ». Dans une lettre du 21 août, Joseph Bossart explique à Marie la chronologie des derniers instants de Pierre Rivet, « … les hommes sont sortis de la tranchée à 9h05, il pouvait donc être 9h15 quand il a été touché. Tout laisse croire qu’il fut tué sur le coup mais cependant je ne puis vous en donner la certitude. » Les souvenirs familiaux colportent un décès causé par les tirs de l’artillerie française. En décembre 1918, Marie cherche à retrouver le corps de son mari, elle se rend sur le champ de bataille, fait déterrer plusieurs corps mais ce n’est jamais le bon et puis cela génère des frais à chaque exhumation. Bien plus tard c’est son petit-fils qui se rend au cimetière militaire de Châtillon-sur-Marne, plus exactement au prieuré de Binson, dans le bois de Courton à l’ouest d’Epernay. Il a retrouvé la croix de son grand-père dont le corps a été déplacé plusieurs fois, ensevelit en fosse commune à l’origine, il fut ensuite enterré dans un cimetière. René Salleyrette évoque également la mémoire de Jean-Raymond Phelut le grand-père de sa femme Jeannine Salleyrette au travers d’un objet peu courant. C’est en effet durant la Grande guerre que Jean-Raymond Phelut, originaire de Le Chausse-de-Blesle en Haute-Loire, exécute pour sa fiancée laveuse-repasseuse à Blesle, un sautoir en crin de cheval auquel il accroche un joli bijou en or et onyx (photographie n°5). La mémoire familiale rapporte que Jean-Raymond Phelut aurait servi en tant qu’estafette auprès du capitaine de Gaulle avant que ce dernier soit fait prisonnier au printemps 1916.
Lettre de Pierre Rivet à Marie Rivet, Verdun, 4 avril 1915 (photographie n°1). Lettre de Pierre Rivet à Marie Rivet, 10 juillet 1916 (photographie n°2). Lettre de l’aumônier brancardier Joseph Bossart à Marie Rivet, 10 août 1918 (photographie n°3). Médaillon en métal double face contenant deux portraits de Pierre rivet (photographie n°4). Sautoir en crin de cheval auquel il accroche un joli bijou en or et onyx (photographie n°5).

Verdun
Pierre Rivet
Trench Life
Postcard
49.15894,5.386756999999989
Lettre de Pierre Rivet à Marie Rivet, avec ses camarades boulangers, Verdun, 4 avril 1915
Letter
47.234876,3.0674980000000005
Lettre de Pierre Rivet à Marie Rivet, Narcy, 10 juillet 1916
Narcy
France
Lettre de l’aumônier brancardier Joseph Bossart à Marie Rivet, 10 août 1918.
46.227638,2.213749000000007
Médaillon double face en métal contenant deux portraits de Pierre rivet en uniforme militaire.
Other
Jean-Raymond Phelut
Médaillon en or et onyx monté sur sautoir en crin de cheval réalisé par Jean-Raymond Phelut pour sa femme pendant la première guerre

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CREATOR

René Salleyrette

DATE

1914 - 1918-07-18

LANGUAGE

fra

ITEMS

0

INSTITUTION

Europeana 1914-1918

PROGRESS

START DATE
TRANSCRIBERS
CHARACTERS
LOCATIONS
ENRICHMENTS

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METADATA

Creator

Pierre Rivet
Joseph Bossart
Jean-Raymond Phelut

Source

UGC
Postcard
Leaf
Other

Contributor

europeana19141918:agent/7277600aeaef04657a2a4f9973043c0c

Date

1914
1918-07-18

Type

Story

Language

fra
Français

Country

Europe

DataProvider

Europeana 1914-1918

Provider

Europeana 1914-1918

Year

1914

DatasetName

2020601_Ag_ErsterWeltkrieg_EU

Begin

1914

End

1918-07-18

Language

mul

Agent

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René Salleyrette | europeana19141918:agent/7277600aeaef04657a2a4f9973043c0c
Pierre Rivet | europeana19141918:agent/ca47110d560265df5b191eef61764833

Created

2019-09-11T08:39:41.988Z
2020-02-25T08:48:51.424Z
2020-02-25T08:48:51.425Z
2014-01-17 13:48:04 UTC
2014-01-17 13:50:50 UTC
1915-04-04
1916-07-10
2014-01-17 13:55:01 UTC
1918-08-10
2014-01-17 13:57:27 UTC
1914
2014-01-17 14:01:48 UTC
1918
2014-01-17 14:09:19 UTC

Provenance

FRAD043

Record ID

/2020601/https___1914_1918_europeana_eu_contributions_12150

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FRAD043_053 Pierre et Jean Pagès | soldats de la Grande guerre

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Une photographie de Pierre Pagès et une carte postale écrite par Pierre Pagès à sa femme et ses filles. || Yvonne Chapaveire raconte l'histoire de son grand-père Pierre Pagès et de son grand-oncle Jean Pagès tous deux soldats de la Grande guerre. Le soir à la veillée, le grand-père, seul revenu de la guerre et manifestement très traumatisé par ce qu'il y avait vécu, essayait d'imprégner les enfants de cette histoire qu'avait été la guerre, de cette horreur qui avait fait disparaître son frère. Il expliquait que les soldats avaient très peur dans les tranchées, surtout au moment des attaques et des bombardements bien évidemment, et surtout les jeunes mobilisés, les ouveaux qui ne connaissaient encore rien à ce qui les attendait et qui parfois étaient à peine arrivés et déjà morts. Ces souvenirs ont fortement marqué les enfants de la famille c'est pourquoi Yvonne souhaite en parler aujourd'hui. La mère d'Yvonne lui racontait que sa grand-mère, c'est-à-dire l'épouse de Pierre Pagès, avait tant regretté ne pas avoir pu donner plus d'argent à son beau-frère (le grand-oncle Jean) lors d'une de ses permissions afin qu'il en profite, qu'il profite de la vie. Elle a toujours eu ce regret pour celui qui n'a pas eu le même destin que son mari sorti vivant de la guerre. Jean est décédé au front le 26 avril 1917 à 22H30 à Vendresse dans l'Aisne. || || Photograph || Pierre Pagès || Pierre Pagès porte le brassard noir sans doute en mémoire de son frère décédé en 1917. || Photographie de Pierre Pagès || Guerre mondiale (1914-1918) || || Guerre mondiale (1914-1918) || Carte postale de Pierre Pagès écrite à sa famille (recto). || Prière du front au recto. || Pierre Pagès || Front || Postcard || || Carte postale de Pierre Pagès écrite à sa famille (recto). || Français || Postcard || Deutsch || Pierre Pagès || Back || Guerre mondiale (1914-1918)

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FRAD043_049 Eugène Chapuis et Pierre Mouleyres | soldats de la Grande guerre

6 Items

1/ Carte postale photographique d'Eugène Chapuis à sa mère, Eugène est en compagnie d'un groupe de six soldats du 86ème régiment d'infanterie au camp de La Courtine (1914). 2/ Carte postale photographique d'Eugène Chapuis à sa femme avant de partir pour l'Italie (16 février 1918). 3/ Carte postale photographique d’Eugène Chapuis à sa femme, Eugène au premier plan est en compagnie de deux camarades (sans date). 4/ Photographie d’Eugène Chapuis en tenue de soldat du 86ème régiment d’infanterie, réalisée au Puy par le photographe L. Pozzo (sans date). 4/ Carte postale photographique d'Eugène Chapuis (sans date). 5/ Carte postale photographique de Pierre Mouleyre (sans date). || Marie-Andrée Demailly raconte l'histoire d'Eugène Chapuis son grand-père paternel. Né en 1887, Eugène Chapuis est agriculteur à Marnhac, commune de Saint-Pierre-Eynac. Mobilisé dès 1914 dans les chasseurs alpins, il laisse la ferme entre les mains de son épouse qui doit également s'occuper de leur fils né le 4 mai 1914, alors âgé de trois mois. Au début de la guerre il écrit à ses parents depuis le camp de la Courtine dans la Creuse. Le 9 décembre 1914 il écrit à sa femme et lui dit qu'il trouve alors que les journées sont bien longues, il est mobilisé depuis quatre mois dans le camp de la Courtine et maintenu dans l'inaction. Cette situation ne va pas durer puisqu'il participe aux tragiques combats du chemin des Dames la même année. Parmi les quelques souvenirs racontés dans la famille, sa petite-fille sait aussi qu'il a subit les gaz ennemis, ce qui lui cause des séquelles respiratoires jusqu'à la fin de sa vie. Eugène Chapuis combat encore à Verdun en 1916. Le 16 février 1918, avant de partir en Italie, Eugène écrit encore à sa femme et lui adresse une photo de groupe, sur laquelle il l'espère, elle le reconnaîtra. Sur cette photographie, un repère au stylo est tracé au-dessus de la silhouette d’Eugène. Marie-Andrée Demailly évoque également son grand-père maternel qui a lui aussi fait la guerre de 1914-1918. Sans le savoir d'ailleurs et sans se connaître, Eugène Chapuis et Pierre Mouleyres se trouvent au chemin des Dames en 1914, ils seront après guerre parents puisque le fils d'Eugène épousera la fille de Pierre. || || Guerre mondiale (1914-1918) || Guerre mondiale (1914-1918) -- France || 45.739027,2.2734159999999974 || Eugène Chapuis || Carte d'Eugène Chapuis à sa mère, photographie d'un groupe de six soldats du 86ème régiment d'infanterie au camp de La Courtine (1914). || Postcard || Western Front || || Guerre mondiale (1914-1918) || 41.87194,12.567379999999957 || Carte postale photographique d'Eugène Chapuis à sa femme avant de partir pour l'Italie, (16 février 1918). || Eugène Chapuis || Postcard || Guerre mondiale (1914-1918) -- Campagnes et batailles -- Italie || Italian Front || || Postcard || Guerre mondiale (1914-1918) || Western Front || Carte postale photographique d’Eugène Chapuis à sa femme. Eugène au premier plan est en compagnie de deux camarades (sans date). || Guerre mondiale (1914-1918) -- France || Eugène Chapuis || || Guerre mondiale (1914-1918) || Le Puy-en-Velay || 45.042768,3.8829359999999724 || Eugène Chapuis || Guerre mondiale (1914-1918) -- France || Photograph || Photographie d’Eugène Chapuis en tenue de soldat du 86ème régiment d’infanterie, réalisée au Puy par le photographe L. Pozzo (sans date). || || Guerre mondiale (1914-1918) || Guerre mondiale (1914-1918) -- France || Carte postale photographique d'Eugène Chapuis (sans date). || Photograph || Eugène Chapuis || || Photograph || Guerre mondiale (1914-1918) -- France || Pierre Mouleyre || Carte postale photographique de Pierre Mouleyre (sans date). || Guerre mondiale (1914-1918)

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FRAD043_068 Michel et Jean-Marie Petiot | soldats de la Grande guerre

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Hélène Petiot raconte l'histoire de son grand-père paternel Michel Petiot et de son frère Jean-Marie, tous deux soldats de la Grande guerre. Après guerre, Michel Petiot n’évoque pratiquement jamais le conflit en famille. C’est uniquement en 1974, lorsque Hélène est en classe de première, qu’il classe avec sa petite-fille toutes ses cartes postales de cette période. À la lecture de sa correspondance, Hélène apprend que son grand-père intègre à la mobilisation le 86ème régiment d'infanterie, régiment caserné au Puy-en-Velay, et qu’il est blessé lors des combats de Verdun. Dans une carte postale du 26 avril 1915, Michel écrit de Longueil-Annel dans l’Oise et précise à sa femme : « c’est dans ce château américain de Longueil qu’est installée une ambulance anglaise où sont soignés tous les blessés du 38ème et du 86ème régiments d’infanterie » (carte n° 1). Le 8 octobre 1915, Michel explique à sa femme qu’il s’est fait un bon copain « avec lequel il fait beaucoup de tours de boyau » (carte n° 2). Une carte postale photographique datée d’avril-mai 1917 montre un champ de bataille avec une explosion en fond et au premier plan à droite, une croix au stylo précise l’emplacement de sa « cagna » comme l’appelle Michel Petiot. Pour ceux de l’arrière qui ne connaissent rien de la vie dans les tranchées, l’emplacement ainsi désigné n’évoque guerre qu’un petit monticule de cailloux et de terre dans un champ désolé (carte n° 3). Michel Petiot est deux fois cité à l’ordre de l’armée le 10 juillet et le 10 novembre 1918 et cité à l’ordre de la brigade le 17 novembre 1918. Il ne demande pas la légion d'honneur car il estime que ce n’est pas à lui de faire la démarche mais à l’État. À quatre-vingt dix ans toutefois, il fait sa demande mais c’est un prétexte pour réunir la famille autour d’un bon repas. Il décède malheureusement au cours de l’enquête préalable de moralité et d'honorabilité. Chaque 11 novembre, Michel Petiot avait une exigence et une seule, que soit servit à midi un plat de gigot et fayots en souvenir du menu partagé avec ses camarades le 11 novembre 1918. Du frère de Michel, Jean-Marie, il n’y a que peu de souvenirs. Sa petite-nièce conserve quelques cartes de sa main, notamment écrites à la femme de son frère. Le 10 février 1916, il lui écrit de Haute-Alsace et la remercie du colis qu’elle lui a fait parvenir. Dans une carte du 23 mars 1916 il lui dit avoir reçu des bonnes nouvelles de son frère, quant à lui il repart dans les tranchées le soir même. Il explique à sa belle-sœur que dans les tranchées, il aura plus de temps pour lui écrire mais après 1916 i n’y a plus de carte. || 1/ Carte postale de Michel Petiot à sa femme, Longueil-Annel dans l’Oise, 26 avril 1915. Édition Gambier-Leduc. 2/ Carte postale de Michel Petiot à sa femme, Moulins, la cathédrale côté sud, 8 octobre 1915. 3/ Carte postale de Michel Petiot à sa femme, la cagna dans les tranchées, avril-mai 1917. 4/ Briquets en douilles de laiton réalisés par Michel Petiot, 1915-1918. || || Michel Petiot || Postcard || Carte postale de Michel Petiot à sa femme, Longueil-Annel dans l’Oise, 26 avril 1915 (Édition Gambier-Leduc). || Longueil-Annel dans l’Oise || 49.4687848,2.864221000000043 || || 46.568059,3.3344170000000304 || Carte postale de Michel Petiot à sa femme, Moulins, la cathédrale côté sud, 8 octobre 1915. || Moulins || Michel Petiot || Postcard || || Michel Petiot || Postcard || Carte postale de Michel Petiot à sa femme, la cagna dans les tranchées, avril-mai 1917. || Trench Life || || Briquets en douilles de laiton réalisés par Michel Petiot, 1915-1918. || Guerre mondiale (1914-1918) || Guerre mondiale (1914-1918) -- Art et guerre || Briquets en douilles de laiton || Guerre mondiale (1914-1918) -- France || Trench Life || Weapon

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