FRAD067-139 Rodolphe Gobert (1890-1981) | sergent de la Division marocaine | sous-officier engagé au service de sa patrie mais lucide au plus fort des combats.
Rodolphe Gobert (Fontainebleau, 7 janvier 1890-Seyssinet-Pariset, 17 janvier 1981) travaille avant-guerre dans les Ponts et chaussées en Tunisie. Réserviste, il a effectué la majeure partie de son service militaire actif au 4e Zouaves. Nommé d’abord comme secrétaire à la 19e section de secrétaires d’Etat-Major à Tunis, il demande, le 26 novembre 1914, à rejoindre le front et plus particulièrement le 4e régiment de marche de Tirailleurs tunisiens à Sousse.
Sergent à la Division marocaine, il fait toute la guerre sur le Front occidental, dans l’Oise, l’Aisne, les départements lorrains, la Somme (juillet 1916) et à Verdun (août 1917). Son journal de guerre, écrit du 27 novembre 1915 au 4 août 1919, contient le détail de ses nombreux cantonnements.
Il est cité 4 fois à l’ordre du 4e régiment de marche de Tirailleurs tunisiens, pour le 27 août 1916, les 17-20 avril 1917, les 20-24 août 1917 et encore à l’ordre du 2e Génie, Compagnie 26/2 M (Division marocaine) pour de vaillants combats, les 12-13 juin 1918, et les attaques des 2, 5 et 14 septembre 1918.
Son journal de guerre est celui d’un sous-officier engagé, courageux, mais aussi d’un homme lettré, curieux et ne manquant pas d’humour, même dans les pires moments. Son récit fourmille de détails non seulement sur les combats mais aussi sur la vie à l’arrière, sur les gens rencontrés, qu’ils soient de culture française ou germanique. Le journal est également illustré de dessins, notamment de soldats nord-africains, et contient quelques cartes postales-photos des endroits parcourus voire habités. Son grade de sous-officier lui permet de bénéficier de certains privilèges que les soldats n’ont pas connus et d’une hauteur de vue sur les événements tout à fait précieuse. Il se moque gentiment de l’accent des paysans, des habitudes des Américains et Australiens, des tas de fumier devant les maisons lorraines ; il évoque les pillages par les soldats français, la remise en état des maisons touchées par les combats, le dégagement des routes, et se dit « fixé désormais sur les véritables sentiments des alsaciens-lorrains que ni les menaces ni les rigueurs de la barbarie de l’Allemagne n’ont pu transformer » ; il ne cache pas son étonnement et son admiration pour le modernisme et l’hygiène des villages et villes du Palatinat ainsi que pour le confort des maisons qu’il a pu visiter.
Après l’Armistice, il parcourt encore la Lorraine, l’Alsace jusqu’au Palatinat bavarois avant d’embarquer à Marseille pour rejoindre Bizerte, le 4 août 1919.
Journal de guerre, citation de la Compagnie 26/2 M (Division marocaine.
CREATOR
Gérard Gobert
DATE
1915-11-27 - 1919-08-04
LANGUAGE
fra
ITEMS
8
INSTITUTION
Europeana 1914-1918
PROGRESS
METADATA
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Outre le journal, les albums photographiques, Paul nous a laissé quelques objets, comme une trousse médicale appartenant à un allemand (matériel oto-rhino), sa paire de jumelles, et de nombreuses photos prises sur le terrain et les abris de secours sanitaires. || Paul Desobry, né en 1893 en Algérie dans une famille d'instituteurs , a entrepris des études de médecine à Lyon. Au moment de la guerre, il est en 4ème année. Devenu officier, il intègre, comme médecin auxiliaire, le service de santé et s'occupe de soigner les blessés, cantonnés dans des abris, en attendant leur évacuation dans des trains sanitaires. Il tiendra son journal du 8 octobre 1914 au 6 juin 1915. Les trois albums photos qu'il a laissés, relatent ses passages dans la Meuse, d'août à décembre 1915, puis à Verdun en 1916, en Champagne en 1917, dans la Somme, l'Aisne en 1918, puis en Alsace en 1919. Il y adjoindra un carnet à dessins, représentant les abris de secours, des portraits, des dessins des trains sanitaires. Au retour de la guerre, Paul Desobry poursuivra la médecine et décèdera à Bordeaux en 1970.
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