FRAD034-138_Léon VILLERME | brancardier
Léon VILLERME est le grand-père du contributeur Pierre LOUIS. Léon naît le 3 octobre 1886 dans l'Yonne (89). Il est préparateur en pharmacie à Paris. Il se marie et a une fille née en 1910. Il est ensuite mobilisé et affecté comme brancardier dans les tranchées, laissant à l'arrière sa femme travaillant à la cartoucherie de Vincennes et qui doit s'occuper de leur fille ainsi que de sa mère alsacienne, âgée à l'époque.
Il passe un peu sur tous les fronts de la Grande guerre jusqu'à l'armistice.
Durant la guerre, les soldats partaient des tranchées dans une première vague, s'ensuivent les brancardiers qui partent récupérer les morts et les blessés. Les brancardiers sortent hors des tranchées alors que l'artillerie continue de tirer. Les brancardiers portent un brassard représentant un croix rouge sur le bras. Ainsi, ils sont donc généralement respectés des adversaires et sont épargnés par leurs balles, ce qui n'est pas toujours le cas des obus qui eux, ne font pas la distinction.
En tant que brancardier, Léon devait également accompagner des soldats blessés chez eux, dans le sud de la France. Ainsi,il faisait l'aller-retour en train et a donc du venir à Montpellier ou encore Palavas. Ces missions de brancardier étaient pour lui les pour lui les plus agréables.
Lorsqu'il se trouve à Verdun, Léon Villermé a l'occasion d'être à proximité des refus d'obéissance qui ont eu lieu. Il en a été témoin indirect : il en a saisi l'état d'esprit plus que la réalité de la chose.
Malgré le danger des brancardiers sur le front, Léon traverse la guerre sans aucune blessure. Cette guerre l'a toutefois extrêmement marqué. Lors de sa première permission, Léon a vu ses cheveux devenir tout blancs en l'espace d'une seule nuit. il avait alors 28 ans.
Une fois revenu de la guerre, Léon Villermé retourne à son métier de préparateur en pharmacie dans le 9e arrondissement de Paris.
Il n'est pas riche, mais pour lui l'emprunt pour la défense nationale est très important : il remet 10 francs en or à la Banque nationale contre des billets (le reçu se trouve dans l'album).
Léon Villermé s'éteint en 1967 à Houilles (78).
Il s'agit d'un album constitué après la guerre par Léon Villermé. L'album comprend un ensemble de photographies légendées de sa main, avec mention de tous les fronts sur lesquels il a été (Somme, Verdun ...). Il figure sur ces photographies la plupart du temps. Celles-ci sont accompagnées d'autres documents : des billets de banque émis par les chambres de commerce ou les municipalités (mention de la localité dessus), qui n'ont pu recevoir les billets de la Banque de France pendant la Première Guerre mondiale ; des petites décorations correspondant à des insignes remises lors de dons d'argent au cours de quêtes.
Parfois Léon Villermé et Pierre Louis ont feuilleté l'album ensemble et en ont parlé.
Léon Villermé a eu sur le front avec lui une petite caisse métallique dont Pierre LOUIS a perdu la clé depuis que la mort de sa mère en 1995. Après l'avoir ouvert avec les Archives départementales de l'Hérault, il a retrouvé à l'intérieur des papiers militaires de l'époque de la Première Guerre mondiale, ainsi que d'autres papiers de famille ajoutés par la suite.
Il y a un autre objet que Pierre Louis a gardé de son grand-père : un miroir pivotant avec un crochet pour le suspendre à un clou, dont il se s'est servi pour se raser dans les tranchées. Léon Villermé lui a dit qu'il l'avait tout le temps avec lui sur le front.
01_Portrait de Léon Villermé
Photograph
Guerre mondiale (1914-1918)
Collection
Remembrance
02_Page de médailles extraites de l'album de Léon Villermé
03_Page de photographies extraite de l'album de Léon Villermé
Photographies montrant Léon Villermé en groupe ou portraituré, à Barberey en juin et juillet 1915, et à Marseille en septembre 1914.
04_Page de billets extraite de l'album de Léon Villermé
Guerre mondiale (1914-1918) -- Aspect économique
Official document
05_Page d'un bon de versement or extraite de l'album de Léon Villermé
CREATOR
Pierre LOUIS
DATE
1914 - 1918
LANGUAGE
fra
ITEMS
5
INSTITUTION
Europeana 1914-1918
PROGRESS
METADATA
Discover Similar Stories
FRAD034-121 Henri Dufau | clairon puis courageux brancardier
1 Item
Henri DUFAU et Louise Thérèse Mariette, grands-parents maternels du contributeur Lydie Guyard, accompagnée de son fils Léo. Louise Thérèse, née en septembre 1896 et Henri, né en novembre 1894 sont tous deux nés à Mormant en Seine-et-Marne. Henri exerce le métier de maçon quand il est mobilisé en 1914 où il sera Clairon dans le régiment de chasseur puis brancardier vers 1918 lorsqu'il recevra une citation pour fait de bravoure pour être allé chercher des camarades blessés. Il participera à la guerre jusqu'à sa fin en 1918. Après quoi, il revient alors à Mormant et reprend son activité de maçon. Son épouse faisait de la broderie et lavait le linge le week-end. Louise-Thérèse correspondait beaucoup avec Henri, son mari, qui lui parlait beaucoup de son ennui. Il a le cafard, il s'inquiète de la santé de son épouse et de sa fille née pendant la guerre en 1916. Son épouse quant à elle lui raconte sa vie, que son mari lui manque et qu'elle aimerait bien le taquiner comme ils en avaient l'habitude. Ils ont eu 1 fille après la guerre en 1918 puis s'ensuivent 7 enfants. Plus tard, à ses petits enfants, Louise-Thérèse parlera beaucoup de la seconde guerre mondiale ainsi que de son mari Henri. Une de leurs enfants a conservé toutes les archives, qui les a ensuite transmis à sa nièce, le contributeur. Motivations de l'arrière petit enfant : fort intérêt pour l'histoire de cette guerre, sur la vie familiale ainsi que sur les points de vue des soldats. || - correspondance de 30 lettres environ entre les époux, commençant en mai 1916 - 2 photographies, l'une sur leur mariage en 1916 (en uniforme de 1914) et l'autre pendant la guerre. - citation pour bravoure en qualité de brancardier
FRAD034-113 Joseph Henri BARGUES | brancardier dans les tranchées décoré
7 Items
- Lettres écrites à son épouse en 1915. - Photo au front. - Photo de 4 Obus ramenés et décorés par Bargués || Joseph Henri BARGUES est l'arrière arrière grand-père de la contributrice Amandine LAFON, née en 1983. Joseph nait en 1888 dans l'Aveyron où il est agriculteur et minier à Cazeville. Marié, il a une fille unique qui nait en 1812. Joseph est mobilisé très tôt : Dès 1913, au 122ème Régiment d'Infanterie pour exercer la fonction de brancardier dans les tranchées. Le poilu participe au batailles de Verdun, puis dans la Marne ainsi qu'en Belgique. Enfin, il est décoré de la croix de guerre avant de mourir en 1984 à l'âge de 96ans. Les documents ont toujours été conservés dans une malle. La contributrice les découvre à l'adolescence avec sa grand-mère. || || 01 - Portrait d'Henri BARGUES || Photograph || Portrait d'Henri BARGUES accompagné d'un camarade. || || Letter || 02 - Extrait de lettre écrite par Henri BARGUES à sa femme || || Photo de l'église et du presbytaire de Saint Martial, dans le Gard. || Saint Martial || Photograph || 03 - Carte photo de l'église et du presbytaire d'un village || || Verso de la carte photo de la photographie de l’église et du presbytère || Letter || 04 - Verso de la carte photo de l'église || Rodez, France || || Guerre mondiale (1914-1918) -- France || Photographie d'un obus récupéré par Henri BARGUES sur les champs de batailles et décorés par lui même. || Guerre mondiale (1914-1918) -- Art et guerre || Weapon || 05 - Photo d'un obus décoré par le poilu || || Guerre mondiale (1914-1918) -- France || 06- Photo d'un obus décoré par le poilu || Weapon || Photographie d'un obus récupéré par Henri BARGUES sur les champs de batailles et décorés par lui même. || Guerre mondiale (1914-1918) -- Art et guerre || || Photographie d'un obus récupéré par Henri BARGUES sur les champs de batailles et décorés par lui même. || 07 - Photo d'un obus décoré par le poilu || Guerre mondiale (1914-1918) -- Art et guerre || Weapon || Guerre mondiale (1914-1918) -- France
FRAD034-194_Henri L'HUILLIER
1 Item
Henri L'HUILLIER est le père de Béatrice L'Huillier épouse Benichou. Il naît le 22 mars 1894 et meurt en juin 1974 à Lunéville (54). Son père est jardinier-maraîcher et sa mère, cuisinière. Le couple a sept enfants, mais tous n'ont pas survécu. Il s'agit d'une famille attachée à la terre, à son exploitation agricole. Après la Première Guerre mondiale, Henri L'HUILLIER a aussi exercé la profession de jardinier-maraîcher. D'ailleurs, Henri L'Huillier n'a pas participé à la Seconde Guerre mondiale en tant que combattant, mais il a approvisionné les troupes en légumes et produits frais suite aux réquisitions de l'armée. Henri L'Huillier est mobilisé à Lunéville (54) à 20 ans en 1914, dans le 2e bataillon de chasseurs à pied. Il fait toute la guerre sur le front. A plusieurs reprises, il est hospitalisé, -pour pneumonie, furoncles, problèmes respiratoires, diverses maladies -, et dès que cela va mieux, il repart au combat. Il ne parle pas de la guerre à la maison, mais deux fois par an il reçoit ses copains de bataillon à Lunéville. L'été, ils passent une semaine ensemble, et ils se retrouvent le dernier dimanche d'août pour une commémoration au monuments du commandant De Cazeneuve à Rozelieure (54). C'est pour eux l'occasion de se raconter et de revivre leur Première Guerre mondiale, chacun dans leur section. Béatrice L'Huillier assiste à ces rencontres pendant toute sa jeunesse : ils pleurent tous, ils racontent des histoires dont elle n'a retenu que quelques-unes car elle est alors trop jeune. Son père raconte qu'au cours d'un bombardement, alors que les obus et la mitraille fusent de partout et que les hommes se sauvent, que tout le monde courre dans tous les sens ou tombe fauché, il a vu un camarade courir devant lui, sans s'arrêter, malgré une grosse boule rouge dont la taille augmente à son pied : cette boule, c'est le sang qui jaillit de son pied arraché par un éclat d'obus s'agglutinant à la neige du sol. Henri L'Huillier raconte aussi un fait d'armes pour lequel il a obtenu une citation. Alors que le commandant est mort dans l'attaque, il prend le commandement des quelques hommes survivants en tant que sergent. Ils réussissent à faire prisonnier un groupe d'Allemands réfugiés dans un trou d'obus. Ils les entendent chuchoter, et réussissent à les approcher et à les encercler sans qu'ils les voient arriver en s'aidant de l'ombre portée, car c'est un jour de soleil. Il raconte aussi que leur capote tient debout toute seule tellement elle est lourde de crasse et de boue. Elle forme une gangue, une armure autour d'eux. Ils sont tous de la couleur de la terre. Béatrice L'Huillier en garde l'image de vieux messieurs qui ont vécu un enfer, mais avec dignité et beaucoup d'honneur ; des gens pour qui le patriotisme a un sens, la France a une image. Ils se racontent beaucoup d'histoires, des actions dont ils peuvent être fiers, même s'il est certain que des faits peu louables ont dû aussi exister. Elle a l'idée d'une grande pudeur qui les amène à ne parler de la guerre qu'entre eux. Pour elle, ils ont vécu des choses tellement épouvantables qu'ils sont plus que des frères, ils forment un grand corps avec plusieurs membres. Ils se rappellent tous les noms de leurs copains, leurs parcours, d'où ils viennent, les blessures, les noms de tous ceux qui sont morts. Elle a l'impression qu'il y a en eux une grande douleur car eux sont revenus, mais pas leurs amis. Parmi les participants à ces repas, il y a notamment messieurs Marion, Weltz, Mittouard, Jeanson, et d'autres dont elle ne se souvient plus des noms. Un autre événement montre pour Béatrice L'Huillier la dignité et l'honneur de ces hommes : après la guerre, Henri L'Huillier est membre du conseil municipal de Lunéville. A cette époque, le maréchal Pétain fait l'admiration. Et au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors d'une séance, le conseil municipal se range sous le maréchal, sous Vichy. Son père s'est alors levé, a jeté son insigne de conseiller municipal sur la table, a tourné le dos à tout le conseil et en sortant, s'est essuyé sur le paillasson en disant : Le maréchal Pétain, je le mets sous ma semelle.\n Béatrice L'Huillier est très intéressée par la Grande collecte : il est important pour elle de transmettre la mémoire. Elle regrette de ne pas avoir retenu davantage les histoires qui se sont racontées lors des rencontres entre son père et ses anciens camarades de combat. || Il s'agit du livret militaire, des ordres de citations d'Henri L'Huillier et de quelques photographies. Ce n'est pas un intellectuel, donc il n'y a pas beaucoup d'écrits de lui. Ces documents, Béatrice L'Huillier les a toujours connu chez ses parents, même si quelques papiers se sont perdus dans des déménagements. Dans les ordres de citation, il est question d'un sergent, brave et courageux. Sur l'une des photographies montrant une cérémonie de commémoration, il y a un homme avec bandeau sur l’œil et une couronne de fleurs. Il s'agit de Monsieur Burguin. Cet homme a été très marqué par la guerre physiquement, -c'était une gueule cassée-, et psychologiquement. Béatrice L'Huillier a lu ces documents à ses deux enfants, qui ont été très intéressés par l'histoire de leur grand-père.


