FRAD071-118 Père Emile GAUTHERON | prêtre infirmier
Récit de Marie-Laure Gaudillère pour Emile Eugène GAUTHERON, son grand-oncle maternel.
Emile GAUTHERON est né à Diconne (Saône-et-Loire) le 10 novembre 1878. Après l'école primaire, il commence à travailler comme garçon de course, puis chef de rayon dans l'entreprise de tissus Piffaut à Chalon-sur-Saône. Après la décision de son frère aîné François René (1876-1970) d'abandonner la prêtrise, il reprend des études au grand séminaire d’Autun (section des vocations tardives). Ordonné prêtre en 1902, il a d’abord été nommé vicaire à Saint-Marcel (1902-1906), puis à Saint-Vincent de Chalon (1906-1914), où il entraîne les jeunes de la paroisse au sein de l'association de gymnastique Chalon-Espérance. Mobilisé le 3 août 1914, il a été successivement affecté à l’ambulance 16-VIII, au train sanitaire 7 B P.L.M. (11 octobre 1915), à Neufchâteau (janvier 1917) puis au Groupe de brancardiers divisionnaires de la 48e D.I. (6 mai 1917). Prêtre infirmier-brancardier, sa résistance physique et son grand courage lui ont valu de faire des tâches particulièrement difficiles comme tenir les opérés pendant l’amputation ou incinérer les membres coupés. Il apportait également le réconfort de la foi ou tout simplement de la parole en ces temps très pénibles. Emile ne retrouve Chalon-sur-Saône que le 21 février 1919. En 1928, il est nommé chanoine, rattaché à la paroisse chalonnaise de Saint Cosme. Il est décédé à le 27 avril 1949 à Autun, en célébrant une messe. Marie-Thérèse Geoffroy, nièce d’Emile et belle-fille de François Louis Louarn, a mis par écrit tout ce qu’elle savait sur son oncle ; elle note que François René GAUTHERON, frère aîné d'Emile, est devenu professeur de lettres et sera pendant un temps le plus jeune agrégé de grammaire de France. Il n'est pas parti au front mais a été affecté au ministère de la Guerre à Paris, comme secrétaire d'état-major de la 29e brigade d'infanterie. On le trouve au Canada en 1916 (Québec, Halifax, …), détaché par le ministère des Affaires étrangères, où il a exercé en tant que professeur de lettres et fondateur de l’Alliance française au Canada. Chevalier de la Légion d’honneur, François René est décèdé le 1er février 1970.
Photographie comme prêtre infirmier (bible dans la main droite). Photographie devant un four crématoire. Carte postale, La France L’Allemagne
CREATOR
Marie-Laure GAUDILLERE
DATE
1914 - 1918
LANGUAGE
und
ITEMS
0
INSTITUTION
Europeana 1914-1918
PROGRESS
METADATA
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Récit de Marc Emorine sur Jean-Louis THOMAS, cousin germain de sa grand-mère, né à Verosvres (Saône-et-Loire) le 16 mars 1887. Fils de paysans charolais, Jean-Louis Thomas est séminariste quand la mobilisation générale est décrétée, le 1er août 1914. De la classe 1907, matricule 824 du bureau de Mâcon, il rejoint le 334ème RI avec lequel il prend part à la bataille de la Haute-Meurthe. Son unité passe ensuite en Alsace. Elle y restera jusqu’en mars 1917, d’abord dans le secteur de la Schlucht, puis à l’Hartmannswillerkopf (Vieil Armand »), à la Cote 425 et dans le Sundgau enfin, tout près du kilomètre 0 du front. La guerre de Jean-Louis Thomas se continue au Chemin des Dames, où il est blessé. Ordonné prêtre en janvier 1918, il est versé au 21ème bataillon de marche d’infanterie coloniale qui débarque avec le corps expéditionnaire allié à Mourmansk, dans le Nord de la Russie, pour lutter contre les bolchevicks jusqu’en juin 1919 et est démobilisé en août. Il rédige des carnets sur sa vie au front qui sont édités en décembre 2014 sous le titre Carnets d’un prêtre-soldat édités chez Bernard Giovanangeli. « Ils attestent de cet itinéraire personnel et collectif. Ecrits au jour le jour, ils forment un récit des opérations émaillé des réflexions d’un homme de Dieu confronté à l’horreur des combats. Si le témoin a le sens de l’observation, il est aussi un esprit lucide. Son journal inédit, d’une grande richesse documentaire, constitue un apport à la connaissance de la Grande Guerre ». Il en fera une transcription vers 1925 car ses carnets sont en mauvais état. Il meurt en 1975. Marc Emorine a tenu à transmettre ces Carnets extraordinaires. Cultivateur et forestier, il a eu à coeur dès sa retraite de voir publiés les carnets du « cousin Thomas » et a fourni pour cela un important travail de recherche.


