Appareil photo rescapé.
Appareil photo rescapé.
Mon grand –père était sous- lieutenant en 1914. Il a été mobilisé en juillet 1914 et s’est vite trouvé sur le front dans l’ Aisne. Il demanda à un sergent photographe de profession de lui acheter lors d’une permission, un appareil photo bon marché et solide pouvant être transporté même en première ligne. Il lui rapporta donc une sorte de boîte rectangulaire qu’on pouvait porter en bandoulière dans un petit sac. Mon grand-père se procura aussi le matériel et les produits pour développer lui-même, dans les tranchées ou quand il était à l’arrière, les photos prises quand il le pouvait. Nous avons donc un certain nombre de clichés plus ou moins bien tirés, parfois flous ou surexposés, mais qui sont des documents authentiques de l’hiver 1915 à mars 1916 . Certaines sont très petites (comme celle de la tranchée du Moulin de Chevillecourt qui date de mars 1915). D’autres sont plus visibles.
Mon grand-père raconte qu’un jour de relève, lors d’un croisement dans un boyau étroit, un soldat le heurta mais que chacun poursuivit sa route. Arrivé à destination, le dernier soldat de sa section lui présenta son appareil photo, ouvert, plein de terre. Tous les soldats qui étaient passés avant lui l’avaient piétiné sans le voir sans doute. Lui l’avait ramassé. Mon grand-père fut très heureux de le récupérer mais hélas, des pièces étaient tordues. L’objectif ne fonctionnait plus. Il le garda cependant, et bien des années plus tard, réussit à le huiler et redresser les pièces ; il put s’en servir à nouveau. Nos premières photos d’enfance ont été prises avec lui.
Nous disposons donc d’une centaine de photos ; mon grand-père, instituteur dans le civil, a eu pour souci de prendre des clichés didactiques : on y voit les tranchées et leur mode de construction, les différentes façons de cuisiner la soupe et de la transporter dans les tranchées, des armes utilisées : crapouillots ( « engins gros comme des seaux remplis de mitraille et munis d’une mèche »), canons, ballons d’observation (« saucisses ») retenus par des câbles à une auto munie d’un treuil… On voit aussi quelques photos de maisons ou églises détruites, des arbres fauchés . Il y a aussi, bien sûr quelques photos de ses compagnons d’arme, de lui dans son abri.
Ces photos permettent de s’imaginer un peu ce qu’était la vie quotidienne pendant ces années de guerre, dans les périodes entre deux attaques, ou en attente à l’arrière. Elles donnent curieusement l’impression de moments paisibles alors que nous savons combien cette guerre a été meurtrière (mon grand-père a lui même été blessé à deux reprises).
Mon grand -père raconte qu'un jour une de ses ancienne ordonnance lui fit parvenir un civet de lièvre alors qu'il était dans une tranchée. Au moment où il allait le déguster avec ses camarades, un obus tomba près d'eux, remplissant de terre leurs assiettes en aluminium ; adieu civet!... Mais ils eurent la vie sauve.
Photos prises dans l' Aisne et la Somme.
Tirées sur place, dans les tranchées ou les abris sommaires, elles ne sont pas toutes de très bonne qualité.
Elles montrent le plus souvent, des aspects de la vie quotidienne en 1915-1916.
tranchée Berry (Aisne)
Trench Life
Berry (Aisne)
Photograph
Tranchée clayonnée pour retenir la terre.Région de Berry (Aisne) mai 1915.
Photo d'une tranchée.
Construction de tranchée.
Aisne
Tranchée couverte par des branchages.
Photo de tranchée à demi effondrée par la chute d'un crapouillot.
Tranchée détruite par un crapouillot.
Tranchée de Berry (Aisne)
Artillery
photo de deux soldats ( dont mon grand-père), devant des crapouillots qui n'ont pas explosé.
Crapouillots non explosés.
Type d'armes utilisées par les allemands.
Deux soldats derrière un petit canon avec une torpille.
Photo de canon de 28 avec torpille.
Préparation de la soupe.
Préparation de la soupe
Préparation de la soupe en plein air, dans de grandes bassines.
Des soldats transportent la soupe dans des grands bidons.
Transport de la soupe.
Transport de la soupe, près de Vic s/Aisne
Dans les tranchées, les hommes de corvée transportaient la soupe dans des bidons. On imagine qu'elle arrivait froide aux derniers servis.
Transport de la soupe à dos d'homme.
Soldats de corvée de soupe.
La
oulante était une sorte de machine avec une cheminée pour préparer les repas en grand nombre.Il semble qu'elles
emplaçaient avantageusement les cuisines préparées dans des gamelles sur deux briques.
Cuisne roulante.
Cuisine roulante.
CREATOR
Bouin Danièle
DATE
1915
LANGUAGE
fra
ITEMS
9
INSTITUTION
Europeana 1914-1918
PROGRESS
METADATA
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