FRAD034-141_Louis BESSIERE | les séquelles d'un blessé de guerre
Il s'agit d'un ensemble de notes dans lesquelles il décrit ses blessures et demande qu'on reconnaisse qu'elles lui ont laissées des séquelles. Il demande des soins gratuits ainsi que des aides. Cet ensemble comprend des brouillons manuscrits de courriers qu'il a envoyés (au médecin chef, au colonel, etc.) et des réponses dactylographiées des médecins. Ces réponses sont souvent négatives et parfois lui sont accordées de petites pensions provisoires.
Il y a aussi 3 lettres :
- une écrite par ses sœurs, partie de Pézenas, certainement là où ses parents habitent alors ;
- une d'un infirmière qui l'a soigné et qui lui a écrit quand il était hospitalisé à Marseille ;
- la troisième, dense, d'un ami, qui parle de la guerre.
Louis Félix BESSIERE est le père de la contributrice, Andrée Bessière.
Il naît le 10 juillet 1894 à Espérausses dans le Tarn, issu d'une famille paysanne. Louis fait donc partie de la classe 14.
Il réside chez ses parents, route de Palavas, clos Le Rose à Montpellier lorsqu'il est mobilisé le 5 septembre 1914 alors âgé de 20 ans. Au front, il fait partie des chasseurs alpins.
Au cours de la guerre, il est blessé trois fois :
- le 27 avril 1915, éclat d'obus à la tête
- le 17 juin 1915, plaie par balle au bras droit
- le 27 octobre 1915, plaies multiples à la tête et à l'avant-bras droit
La femme de Louis Bessière a raconté à sa fille ce que ses camarades lui ont raconté : Une fois Louis Bessière est enseveli et tiré de là par ses camarades qui ont vu son manteau bleu dépasser.
Après la guerre, Louis Bessière obtient la médaille militaire, mais le grand combat de sa vie est de faire reconnaître que ses problèmes de santé proviennent de ses blessures et d'être reconnu invalide.
Il reprend son travail : avec ses parents et frères et sœurs, ils louent leurs services dans des fermes agricoles dans le Gard. Ils se déplacent beaucoup. Vers 1922, il achète une propriété avec des vignes sur laquelle il travaille, et il est employé à Montpellier au génie civil.
Il meurt en 1934 à l'hôpital de Font d'Aurelle à Montpellier, aujourd'hui appelée La Colombière, hôpital où il est enterré avec le reste de la famille. Il s'est pendu à cause de ses douleurs insupportables. Suite à ses blessures de guerre, il souffre de maux de tête récidivants, de nombreuses otites.
Il était alors marié et père de quatre enfants (Andrée Bessière, la cadette, est née en 1932) lorsqu'il se suicide. Louis laisse un courrier à sa femme et ses enfants pour expliquer son acte. Ses enfants sont âgés de 13, 9, 6 et 2 ans lorsqu'il disparaît.
Son épouse continue à se battre pour qu'il soit reconnu comme mort pour la France. Elle réussit et finit par obtenir une pension de veuve de guerre et les enfants ont été reconnus comme pupilles de la Nation. Cela les a aidé pour leurs emplois par la suite.
Dans la famille, personne ne parlait de la guerre. Les frères et sœurs d'Andrée Bessière n'en ont pas de souvenirs. Leur mère leur a caché que leur père s'était suicidé. Ils l'ont appris par hasard par des personnes extérieures à la famille.
Andrée Bessière ne se souvient pas de son père, elle est trop jeune quand il meurt, mais on lui a dit qu'il était très gentil, même si ses douleurs le rendait parfois violent.
Recruitment and Conscription
01_Portrait de Louis Bessière à cheval
Photograph
Guerre mondiale (1914-1918)
Louis Bessière
02_Lettre d'une infirmière adressée à Louis Bessière le 4 novembre 1917
Back
Letter
Medical
Women
03_Lettre d'une infirmière adressée à Louis Bessière le 4 novembre 1917
Front
04_Certificat de visite à l'höpital complémenaire de Vienne en avril-mai 1917
05_Permission du médecin le 25 novembre 1917
06_Lettre d'accord d'une pension pour invalidité le 20 juin 1934
Official document
CREATOR
Andrée BESSIERE
DATE
1914 - 1934
LANGUAGE
fra
ITEMS
6
INSTITUTION
Europeana 1914-1918
PROGRESS
METADATA
Discover Similar Stories
FRAD034-063 Georges HERMET | grièvement blessé dès le début de la guerre
4 Items
- Livret militaire - Diplômes de décorations || Georges HERMET est le grand-père maternel du contributeur Michel FAVA. Georges Hermet naît à Montpellier le 7 Septembre 1892, il est foudrier lorsqu'il est mobilisé en 1914, faisant partie du 163ème Régiment d'infanterie. Très vite, il est grièvement blessé le 27 Septembre de la même année, au front des Vosges par un éclat d'obus ainsi que d'une balle ayant traversé son corps. Il revient donc de la guerre, infirme avec une jambe raide. Il s'éteint en 1958. || || Official document || 01 - Diplôme de la médaille commémorative de la Grande guerre || || Official document || 02 - Diplôme de la croix du combattant || || Other || 03 - Calendrier de 1919 à but commémoratif || || 04 - livret de guerre du poilu || Official document
FRAD034-034 Louis Alphonse CREPIN | blessé | mais survivant de la Grande guerre
5 Items
- Photographies : le poilu en uniforme avec son fils le temps d'une permission, le poilu en convalescence avec un bandage à l'oreille... || Louis Alphonse CREPIN est l'arrière grand-père maternel de la contributrice Mireille LALANDE. Louis Alphonse naît à Nîmes en 1883, il y grandit et y est mobilisé. Il se blesse à l'oreille droite à cause d'un éclat d'obus, suite à quoi le poilu a du subir une trépanation. le poilu survit à la Grande guerre. Une fois celle-ci terminée, il revient à Nîmes et ouvre un commerce avec son fils. L'homme est très marqué par ce qu'il a vécu et n'est plus vu de la même manière par son entourage. Il s'éteint en 1952. || || Vichy || 01 - Photo de groupe de 1917 || Photo de groupe prise à Vichy le 15 Février 1917 sur lequel apparait le poilu Louis Alphonse CREPIN || Photograph || || 02 - Carte postale d'un lieu où il se trouvait avec annotations || Photograph || Beuvardes || || 03 - Carte postale illustrée || Nîmes || Photograph || Front || Carte postale illustrée, envoyée du fils de Louis Alphonse à son père || || 03 - Carte postale illustrée || Carte postale du fils d'Alphonse Louis envoyée à son père au front || Letter || Nîmes || || 04 - Photo du poilu et de son fils || Photograph || Photo du poilu (milieu) et de son fils devant lui avec des camarades. || Castres || || Interview || 05 - Témoignage de la contributrice Mirelle LALANDE
FRAD034-196_Eugène CARCENAC | blessé onze fois
1 Item
Il s'agit du livret militaire d'Eugène Carcenac et de six photographies comportant une légende au verso : -29 mai 1917, il est en bas à droite avec ses camarades -Belrupt, avion allemand abattu par la compagnie d'Eugène Carcenac : 12 août 1917 -portrait avant qu'il ne parte en 1914-1915 -attribution de croix de guerre à Lunel le 1er septembre 1915 (maréchal des logis au 16e escadron) -hommes posant devant un avion, 25 novembre 1917 -groupe de trois hommes, peut-être lors d'une remise de décoration. Eugène Carcenac est le dernier à droite. || Eugène CARCENAC est le père de Christian Carcenac, le cadet d'une fratrie de deux. Il naît en 1884 à Vabres-l'Abbaye dans l'Aveyron. Son métier initial est celui de menuisier. Par la suite, il part sur les routes comme vendeur ambulant, de toiles notamment. C'est comme cela que, en 1904, il se retrouve à Messine au moment du tremblement de terre. Il raconte qu'il a eu la vie sauve car il est à ce moment-là avec une femme de petite vertu dans une écurie et les balles de paille ont amorti le choc. Il a ensuite aidé à débarrasser les ruines et à sortir les corps des décombres. Les cadavres, nombreux, ont été déposées en haute mer. Il est mobilisé à Vabres-l'Abbaye en 1914 à 30 ans. Lorsqu'il est mobilisé, dans le 150e régiment, Eugène Carcenac n'est pas marié. Après la Première Guerre mondiale, il est directeur de casino à Palavas (Hérault), puis restaurateur-hôtelier au Jardin de ma soeur à Palavas jusqu'après la Seconde Guerre mondiale. Agé d'une soixantaine d'années, il se marie avec la mère de Christian Carcenac qui a alors une vingtaine d'années. Après les années 1951-1952, la famille revient à Montpellier. Pendant la Première Guerre mondiale, Eugène Carcenac combat sur le front (Cote 304, Douaumont, Verdun). Christian Carcenac a d'ailleurs fait un pèlerinage avec sa femme sur ses traces. Eugène Carcenac a eu 11 blessures ; à chaque fois, une fois guéri, il retourne au front. Il a beaucoup parlé de la Première Guerre mondiale avec son fils. Il lui raconte que c'est la boucherie, que lorsqu'ils montent à l'assaut, ils sont tirés par des canons, et que les Allemands se tiennent par les bras. Ils ont parlé de la guerre ensemble aussi car Christian Carcenac a fait la guerre d'Algérie, -pendant 10 mois- où il a été blessé. Il a fait partie du bataillon de Joinville, un bataillon d'élite pour les sportifs de haut niveau qui a le droit de porter une insigne olympique. Christian Carcenac a fait la démarche de participer à la Grande collecte car il a voulu faire son devoir de mémoire.


