FRAD043_065 Louis Jonget | Paul et Simon Borel | soldats de la Grande guerre.
Dominique et Paule Jonget racontent l'histoire de Louis Jonget et de Paul et Simon Borel, tous trois soldats de la Grande guerre. Dominique conserve les archives de ses aïeuls et les a organisé chronologiquement.
- Louis Jonget est le grand-père de Dominique et le beau-père de Paule Jonget. Né en 1896, Louis est trop jeune pour partir à la guerre en 1914. De 1914 à 1916 il effectue son service dans les Chasseurs-alpins à Grenoble comme en témoigne son ordre de mission. Pendant la guerre c’est sa mère Mélanie Jonget, veuve, qui se charge de l’enseigne familiale de maréchal-ferrant boulevard Saint-Louis au Puy. Parmi les affaires de Louis datant de la Grande guerre, la famille conserve un fer à cheval brodé qui était cousu, tel un galon personnalisé, sur son uniforme.
À la lecture de la correspondance de guerre de son grand-père, nous pouvons suivre le cheminement de Louis. En 1916, son régiment se déplace de Bourges à Dijon, puis il part pour le front dans la Somme au lieu de l’Alsace qui était prévu à l’origine selon ses écrits. Louis est servant de canon de 75. Dans la Somme son unité change fréquemment de lieu, suivant l’évolution de la ligne de front, il passe par Crèvecœur, Saint-Omer-en-Chaussée, Remiencourt, Hortoy, Villers-Bretonneux, Bray-sur-Somme, Cléry sur Somme, etc. Dans sa correspondance, Louis explique que dès son arrivée sur le front son Major l’instruit sur l'utilisation des masques à gaz face aux gaz asphyxiants.
Dans une lettre du 25 août 1916, Louis raconte à sa mère que son unité a subit une attaque aux gaz. Avec humour, Louis embellit certainement la réalité pour ne pas l’inquiéter : les Allemands nous ont envoyé des obus asphyxiants, nous avons gardé nos masques plus d'une heure, ça ne vaut pas l'air pur du Mézenc mais on se contente de peu ici.
Louis écrit très régulièrement, tous les jours ou presque. Dans une lettre du 20 août 1916 à sa mère, il dépeint avec détails la situation dans les tranchées. Deux jours plus tard dans une autre lettre, il évoque l’ennemi et l’artillerie en ces termes : On leur envoie quelque chose …, aussi là où l'infanterie avance il y a des tas de cadavres boches… on deviendrait sourd autour de ces pièces d’artillerie.
Après un mois de présence dans la Somme, Louis Jonget est blessé à Cléry. C’est par une lettre du 6 septembre 1916 écrite à sa mère par Henri Quinqueton, camarade de Louis, que cette dernière apprend que son fils est blessé : Louis a été grièvement blessé par un éclat d'obus au bras gauche. Ce n'est pas grave, il est parti tout seul de la position à l'arrière et a dit à ses amis de manger ce qu'il y avait dans sa musette. On sait grâce au texte de la citation à l'ordre du régiment, datée du 24 février 1919, que Louis est blessé le 5 septembre 1916 « au cours d'un tir de barrage, en déposant des munitions près de la pièce, par un violent tir de fusants dirigé sur la batterie ». Louis est tout d’abord soigné à l’hôpital le plus proche à Amiens, puis à Paris. Sa blessure est grave, son épaule et son avant-bras sont atrophiés. Après cela, Louis Jonget ne retourne plus au front. De l’hôpital, Louis revient sur les opérations qu’il a subit dans une lettre du 22 septembre 1916 à sa mère. Opéré à plusieurs reprises, les médecins ont extrait cinq éclats d'obus de son épaule et de son bras. Lors de sa convalescence à l’hôpital à Paris, Louis Jonget est soigné par la princesse Lucinge-Faucigny avec laquelle il entretien une correspondance après guerre (voir document n°6).
Louis Jonget reçoit la médaille et la croix de guerre 1914-1918. Après guerre, ne pouvant reprendre la maréchalerie familiale à cause de sa blessure au bras, il est à l’origine de la création de la Coopérative des Artisans du Velay en 1920, entreprise qui existe toujours aujourd'hui. Dans cette coopérative se regroupent tout d’abord les maréchaux-ferrands de la région puis avec l’évolution du métier, les serruriers. Louis Jonget est bien connu au Puy car il s’implique beaucoup dans la vie locale. A partir de 1936, Il fait partie de l'équipe municipale comme adjoint au maire. Il existe une avenue qui porte son nom à Taulhac au Puy-en-Velay, en tant que président de la Chambre de Métiers de Haute-Loire.
- Paul et Simon Borel sont deux frères, père et oncle de Paule Jonget et grand-père et grand-oncle de Dominique. Les Borel sont une famille de marchands de grains et de légumes secs dans la région du Velay. Leur mère, veuve, s'est chargée de la gestion du magasin, avenue Foch au Puy durant la guerre. Les deux frères sont mobilisés du 2 août 1914 à la fin de la guerre. Des souvenirs familiaux, il ressort que Paul combat entre autres à Baccarat (bataille du mois d’août 1914 fort coûteuse en hommes pour le 86ème régiment d’infanterie, régiment dit « du Velay ») et à Salonique et que Simon traverse l’horreur de Verdun sans être blessé.
Pas plus Louis Jonget que Paul et Simon Borel n’évoquent leur situation au front après guerre. S’ils en parlent à l’occasion des réunions de famille c’est uniquement entre eux.
1/ Photographie de Louis Jonget au 1er rang assis, second en partant de la gauche (1914-1916). 2/ Carte postale de Louis Jonget à sa mère. Louis annonce son départ au front, « le moment d'aller au front est arrivé » (3 août 1916). 3/ Deux cartes postales de Louis Jonget à sa mère. Louis explique à sa mère qu’il est bien content de partir de Bourges rapidement parce que normalement son unité aurait dû recevoir « une instruction concernant les crapouillots de tranches » (mortiers) et se rendre en première ligne au front dans la foulée. Par chance, trois batteries demandent des renforts pour servir les canons de 75 (Bourges 4 août 1914). 4/ Carte postale de Louis Jonget à sa mère. Louis décrit la vie dans les tranchées : « quand les pièces tirent on a son travail, quand il y a du repos on fait des abris, on met par-dessus de la terre, de la tôle ondulée, toute la nuit on reçoit des obus » (Somme, 20 août 1916). 5/ Photographie de Louis Jonget dans un hôpital parisien, le bras blessé, en compagnie de la princesse infirmière Lucinge-Faucigny. Louis est le 4ème en partant de la gauche. Publication de la revue Sur le vif (20 janvier 1917). 6/ Photographie de Paul et Simon Borel réalisée par M.-M. Vessière (Baccarat, 1914).
Louis Jonget
Photographie de Louis Jonget au 1er rang assis, second en partant de la gauche (1914-1916)
Photograph
Bourges
47.081012,2.398781999999983
Postcard
Carte postale de Louis Jonget à sa mère. Louis annonce son départ au front, « le moment d'aller au front est arrivé » (3 août 1916).
Deux cartes postales de Louis Jonget à sa mère (Bourges 4 août 1914).
Dans ces deux cartes postales qui se suivent, Louis explique à sa mère qu’il est bien content de partir de Bourges rapidement parce que normalement son unité aurait dû recevoir « une instruction concernant les crapouillots de tranches » (mortiers) et se rendre en première ligne au front dans la foulée. Par chance, trois batteries demandent des renforts pour servir les canons de 75.
Carte postale de Louis Jonget à sa mère (Somme, 20 août 1916).
Somme
Trench Life
49.914518,2.2707095000000663
Letter
Dans cette lettre, Louis Jonget décrit la vie dans les tranchées : « quand les pièces tirent on a son travail, quand il y a du repos on fait des abris, on met par-dessus de la terre, de la tôle ondulée, toute la nuit on reçoit des obus » .
Guerre mondiale (1914-1918) -- Guerre de tranchées
Guerre mondiale (1914-1918) -- France
Guerre mondiale (1914-1918)
Photographie de Louis Jonget dans un hôpital parisien (20 janvier 1917).
Guerre mondiale (1914-1918) -- Campagnes et batailles -- Front occidental
Paria
48.856614,2.3522219000000177
Medical
Guerre mondiale (1914-1918) -- Soins médicaux
Sur cette photographie, Louis Jonget se trouve dans un hôpital parisien, le bras blessé, en compagnie de la princesse infirmière Lucinge-Faucigny. Louis est le 4ème en partant de la gauche. Publication de la revue Sur le vif (Paris, 20 janvier 1917).
Photographie de Paul et Simon Borel réalisée par M.-M. Vessière (Baccarat, 1914)
Remembrance
48.449081,6.738028999999983
Baccarat
Paul et Simon Borel
CREATOR
Dominique et Paule Jonget
DATE
1914 - 1920
LANGUAGE
fra
ITEMS
6
INSTITUTION
Europeana 1914-1918
PROGRESS
METADATA
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