FRAD083_050_Etienne Ausivisié. Souvenirs de la campagne d'Orient
- Portrait,
- Souvenirs sur feuilles volantes, 22 décembre 1917,
- Livret militaire,
- Citation à l'ordre du régiment, 28 septembre 1917,
- Fiche de blessure de guerre et bulletin d'hospitalisation, 21 décembre 1916
Etienne Auvisié, né à Toulon le 17 août 1889, participa à la campagne d'Orient de novembre 1916 à décembre 1917. Parti de Marseille, il débarqua à Salonique le 15 novembre 1916. il fit partie de divers régiments dont le 372e R.I., 6ème compagnie de mitrailleurs. Il fut blessé fin décembre 1916. Il rédigea ses souvenirs sur des feuilles volantes signées le 22 décembre 1917 à Malina (Albanie. En voici la transcription effectuée par sa petite-fille Gisèle Deville:
Souvenirs de ma campagne en Orient (15 septembre 1916 – 22 décembre 1917)
Le 13 juillet 1916 la fortune qui, jusqu’à ce jour, m’avait été favorable, m’abandonna.
Après la journée tragique du 29 juin tout espoir de rester auprès de mon aimée était perdu et après un séjour au dépôt du 3ème régiment d’infanterie je fus affecté au 35ème, à destination de Salonique.
Salonique : j’y arrivai le 15 septembre et rejoignis le camp de Feitenlik puis, après quelques jours, je fus dirigé sur le 260ème à Monastir.
La traversée de Marseille à Salonique ne fut pas trop désagréable malgré le mauvais temps qui sévit durant 3 jours – apparition d’un sous marin- bref le voyage s’effectuant dans d’assez bonnes conditions.
Je quittai le camp de Feitenlik le 22 septembre par une chaleur accablante et fis partie d’un renfort de 200 mitrailleurs qui étaient destinés aux divers régiments de la Division.
A 4 heures du soir le train démarre. Nous traversons les plaines du Vardar, la nuit arrive. A 1 heure du matin, arrivée à Excisson – on fait le jus – à 9 heures, sac au dos, départ. Arrivée à Banilza. On fait la soupe. Le lendemain à 6 heures départ pour S…., village où l’on voit des traces de la guerre. Nous campons et repartons le lendemain pour camper à quelques kilomètres de Monastir, arrivés à 14 heures nous assistons à un violent duel d’artillerie.
Le lendemain 28, nous entrons à Monastir à 5 heures du matin – trous d’obus, casernes incendiées, quelques maisons démolies.
Nous allons au train de combat de la 7ème CM, Compagnie à laquelle je suis affrété. J’essaie de me reposer mais à midi les obus tombent à proximité du local où je suis et ma foi je ne suis pas rassuré.
Le soir, à la nuit, départ pour rejoindre ma Section – moments inoubliables car qui sait si je reviendrai sain et sauf ?
Je passe la nuit à l’échelon dans un ravin à 2 km des lignes. Il pleut, je n’ai pas d’abri.
Le soir, à 19 heures, je monte en ligne.
Arrivée à minuit à ma Section, il pleut ; un petit élément de tranchée, voilà notre position. Je tends ma toile de tente et passe le restant de la nuit allongé dans l’eau et la boue.
Le lendemain, brouillard intense jusqu’à 9 heures du matin. Lorsque le brouillard se lève je regarde au dessus de la tranchée et, spectacle horrible, devant les positions ennemies une ligne de fil de fer à laquelle sont accrochés les cadavres des nôtres. Cela m’abasourdit et me donne le cafard. Ah, combien j’ai souffert ce jour là.
L’après midi quelques marmites tombent à quelques mètres de notre tranchée …je ne suis pas à la fête.
La nuit arrive. La soupe est apportée, évidemment tout est froid. A 10 heures travail jusqu’au jour, ce n’est pas gai du tout, il pleut et la terre n’est pas facile à remuer.
Le lendemain rien d’anormal à cause du brouillard.
Le 3 octobre, le temps s’est remis au beau, aussi les avions sillonnent les … . L’après midi notre tranchée est à nouveau bombardée et les obus tombent très près, un éclate au dessus du parapet et je suis tout couvert de terre. Un autre, chance miraculeuse, vient se figer dans le …. sans éclater !!! quel cafard.
Jusqu’au 7 rien d’extraordinaire. Le 7 au soir, nous étions debout dans la tranchée mangeant la soupe lorsqu’une rafale de mitrailleuse balaie notre tranchée. Vivement on se couche mais nos marmites sont criblées de balles, ma gamelle est trouée, 2 bidons de pinard percés mais personne n’est touché.
Le 8 on change de position pour aller aux avant postes, exactement à 80 mètres des lignes ennemies, belle perspective. Nous y arrivons à 2 heures du matin et nous nous installons dans un petit ravin d’où partent les …. amenant aux emplacements des pièces. Quelle vie – fusillade effrénée et pas d’abri, on s’installe comme on peut en creusant des abris précaires à flanc de coteau.
Le 9, fusillade et léger bombardement. A partir de ce jour je suis désigné pour aller chercher le ravitaillement et ne prendrai que 2 heures de garde le matin.
Le 10, journée pénible – le soir bombardement de nos lignes par torpilles, ce n’est pas rigolo surtout n’ayant pas d’abri. A 10 heures du soir je pars chercher le ravitaillement. Les balles sifflent dur. A 1 heure du matin je rentre, je remonte le sergent de ma section, blessé par un éclat de torpille. Plusieurs hommes de la 26ème compagnie ont été tués ou blessés. En arrivant je trouve mon abri complètement bouleversé. Au jour, je m’aperçois qu’une torpille a éclaté à 50 centimètres à côté de mon abri, ma toile de tente est criblée d’éclats (17), je peux dire que j’ai eu de la chance.
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Le 11 et le 12, journées sans incident sauf le soir où le bombardement par torpilles reprend ainsi qu’un violent tir de barrage.
Le 13, je vais faire une corvée (en plein jour), un de mes camarades est blessé en remontant (poumon traversé).
Le 14, un obus éclate sur un abri à torpilles à 10 mètres de mon abri – pas d’accident.
Le 15, journée agitée et toujours de la pluie. Le soir en rentrant du ravitaillement, je suis pris par un tir de barrage et les obus éclatent tout près de moi. J’arrive néanmoins sans incident.
Le 16, journée calme, petite pluie. Le soir en rentrant du ravitaillement le terrain est tellement glissant que j’ai grand peine à remonter, j’ai un cafard terrible – je pleure !!!
Les 17 , 18, journées calmes.
Le 20 octobre journée agitée. A (?) du matin je vais prendre la garde. Le boyau est peu profond. Arrivé au sommet du ravin, bien que je me sois méfié, coups de feu, les balles sifflent à mes oreilles et après avoir fait 3 ou 4 mètres en rampant une balle me blesse. Sur le moment je n’ai ressenti qu’un fort coup de poing mais lorsque j’ai voulu avancer le sang a giclé avec force et ma jambe droite s’est trouvée paralysée. J’ai eu un mot historique (merde) mais la douleur se faisant de plus en plus forte j’ai essayé d’avancer encore un peu mais n’ai pas pu faire plus de 5 ou 6 mètres, les forces commençant à me manquer. Je me suis déboutonné et essayé de me faire un pansement mais la blessure se trouvant à la hanche je ne pus y arriver. Alors surmontant la souffrance et malgré la boue, les trous d’eau et la perspective de recevoir une autre balle - j’ai eu une vision, mon épouse et ma fille c’est ce qui m’a sauvé - en rampant comme j’ai pu j’ai fait quelques mètres pour aller à ma pièce ( ?), j’ai trouvé un homme allongé, j’ai cru qu’il dormait, je l’ai secoué, horreur il était mort, balle en plein cœur. J’ai appelé à l’aide mais pas de réponse, alors j’ai pris un petit ( ?) d’écoulement et pataugeant dans l’eau et la boue je me suis traîné jusqu’au ravin et me suis abattu à bout de forces, les camarades sont accourus et m’ont fait le pansement. La balle, tirée à 80 mètres, entrée à la hanche était ressortie au bas-ventre à quelques centimètres du nombril. Belle blessure : quelques centimètres plus bas, ou plus haut, elle était mortelle. Les camarades me mirent dans mon abri et jusqu’à 8 heures du soir je dus attendre les brancardiers ; – dans l’après midi le sous lieutenant Sanders avait été tué - n’ayant que plusieurs hommes de la 26ème compagnie, à 10 heures j’arrivai au poste de secours. On me refit le pansement, les brancardiers me portèrent jusqu’aux cacolets et là on me chargea sur un mulet ainsi que le cadavre du lieutenant Sanders. A minuit on arrivait à Monastir mais le conducteur ne connaissant pas très bien l’ambulance où il devait me conduire, durant plus d’une heure sous la pluie il me balada dans les rues de Monastir. Enfin vers une heure du matin, n’en pouvant plus, il me débarquait à l’A. alpine n°8 où un chic major me refit le pansement et, me tapotant la figure, me rassura. A ce moment là, la douleur était tellement grande que j’étais blême, on me transporta dans une grande chambre et on me coucha dans un bon lit, la douleur m’empêcha de fermer l’œil.
Le 21 au matin une sœur de Saint Vincent de Paule vint me voir et fit ma toilette, on me donna du linge propre . Le soir à 5 heures, je partis dans une petite voiture ambulance conduite par un jeune américain.
A 10 heures du soir arrivée à Kanali où se trouve une ambulance relais, mais c’est dégoûtant . On nous laisse sur nos brancards à l’abri sous un misérable hangar où se trouvait une couche d’au moins 20 cm de fumier. Comme repas un quart de lait qui était un peu trop aqueux (je n’avais rien mangé depuis la veille au matin). Nous passons la nuit sous ce hangar et malgré la douleur je dors un peu.
Le 22 à 8 heures du matin, en auto et en route pour ?? où on nous loge sous une grande toile de tente. Dès mon arrivée on me transporte à la visite où on me refait le pansement. Le major me charcute un peu ce qui ne me fait pas sourire. Je mange un peu mais la cuisine est dégoûtante – du riz - . Je passe la nuit sans trop souffrir.
Le 23 à 9 heures, départ pour Excisson dans une auto française, vraie caisse à savon où je souffre énormément. Finalement à 2 heures de l’après midi nous arrivons à Excisson, logés sous la tente, couchés sur la paille. Nourriture infecte, je passe la nuit mais une myriade de totos, sortant de cette paille qui était là depuis plus d’un mois, me firent passer une nuit épouvantable.
Le 24 à 5 heures du matin, on nous embarque dans le train-wagon à bestiaux et nous quittons Excisson à 9 heures. Après de nombreux arrêts on nous donne à manger mais de telle façon que ce n’est qu’à Kertekupe que je pus avoir un peu de lait, à Kerria un peu de chocolat et à Kaslenne un quart de lait. Nous arrivons à Salonique à 11 heures du soir, on nous loge dans des baraques Adrian ( ??) et on mange une assiette de soupe – c’est réveillon. Ici pas de major, pourtant je souffre beaucoup et mon pansement aurait besoin d’être refait car le sang a coulé et le pansement me fait mal, mais ces messieurs ne sont pas là et je passe le restant de la nuit brisé par la souffrance.
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Le 25 La matinée se passe – pas de major, pourtant il y a de grands blessés. Finalement à une heure de l’après midi les autos viennent nous chercher, je suis transporté à l’hôpital 7, il était temps ; une heure après mon arrivée, je bois un quart de lait et suis transporté à la salle d’opération – chic docteur, charmante infirmière - . On me refait mon pansement dans lequel se trouvait une nuée de totos et suis transporté salle H dans un lit qui, quoique un peu dur, était meilleur que la terre de Monastir.
A partir de ce jour, les soins assidus du docteur X et de mademoiselle Martellière, firent que ma blessure fut guérie assez rapidement, d’ailleurs au bout de quelques jours je pus me lever et je commençai à marcher sans trop de souffrances.
Après ma blessure, je fis un séjour à l’hôpital jusqu’au 13 Février 1917, durant ce séjour qui n’était pas trop désagréable, quoique la nourriture plutôt mauvaise, le 1er janvier fut une petite fête qui eut pour don de m’attrister.
Le 13 février je quittai l’hôpital 7 pour aller en convalescence au dépôt d’éclopés n° 3. Ce dépôt est très bien placé, à la pointe d’une presqu’île qui se trouve dans la rade de Salonique, le coup d’œil était magnifique, à l’horizon se dresse le Mont Olympe, et derrière s’érige la ville de Salonique. Jusqu’en fin février ma blessure me faisant encore souffrir je restai convalescent, néanmoins je pus faire quelques sorties pour aller chercher mes lettres à l’hôpital, mais je ne restais qu’une heure ou deux en ville.
A la fin février je fus inscrit comme cuisinier et je passai le mois de mars avec cet emploi qui me permit de me retaper !!
Le 29 mars je quittai les éclopés et rentrai au dépôt de la Division où je réussis à rester jusqu’au 20 mai.
Le 20 mai je quittai Zeitenliek avec un sous lieutenant dont j’étais l’ordonnance et je repris le chemin de Monastir à destination du 372ème. Le voyage fut rapide, car le train va jusqu’au kilomètre 210, à 7 ou 8 km de Monastir.
Nous allons au train régimentaire où nous passons la nuit et le lendemain matin nous rentrons à Monastir. Nous passons la journée chez l’officier de détail et, à la nuit, nous montons au P.C. du colonel. Le lieutenant dîne avec le colonel et à 21 heures, sous la pluie, nous prenons les boyaux qui mènent à la compagnie, le 6ème C.M.. Nous y arrivons à 23 heures, c’est la position Hoenzollem – qui se traîne – en première ligne. Des sapes sont creusées et l’on est à l’abri du bombardement. Le lendemain je retrouve à la Cie 1ère section un camarade Ricard.
Nous restons à Hoenzollem jusqu’au 28 sans évènement.
Le 28 à 2 heures du matin, relève. Nous allons au piton intermédiaire en 2ème ligne. Le lieutenant s’égare et, chargé comme un bagnard, je fatigue beaucoup. Nous arrivons à la position à 5 heures du matin !! les Bulgares n’ont pas été méchants, des sapes – tranchées profondes – des gros trous de nos marmites existent (éclatement de nos 155).
Nous restons jusqu’au 2 juin avec quelques rafales de 105 qui ne nous font aucun mal.
Le 2 relève, nous retournons en 1ère ligne, à Charton – mauvaise position, la relève se fait par clair de lune – pas de fusillade.
Le lendemain nos compatriotes font un tir sur les tranchées ennemies, c’est épatant de suivre en l’air les torpilles. Mais la riposte ne tarde pas, des rafales de 105 et 130 tombent sur nos abris. Pas de blessés chez nous mais plusieurs à la 22ème . Le soir de grosses torpilles tombent chez nous, pas de blessés.
En ordre arrière nous occupons une position qui n’est pas la notre !!! et il faut déménager. Nous quittons Charton le 4 au soir et allons à 13-17 (ravin de la B…) pas d’abri mais le ravin nous protège, il faut se creuser des sapes.
Nous restons jusqu’à ce que nos sapes soient terminées et nous sommes relevés par le 242ème.
Durant ce séjour, du 4 au 29, quelques évènements à me rappeler, nous avons eu des périodes de calme mais avons été gratifiés de sérieux bombardements.
Dans la nuit du 22, à 11 h. 45, un bombardement d’une violence inouïe – alerte, tout le monde aux pièces, les éclatements se produisent auprès de la 1ère section mais les éclats arrivent jusqu’à nous (depuis le 2 je suis à la 2ème section) le lieutenant m’envoie aux renseignements !! j’ai de la veine, pas de blessé !! aucune attaque ne se déclenche et le bombardement cesse exactement une heure après.
Le 23 nos avions survolent les lignes ennemies et une balle tirée contre un avion vient tomber avec une force incroyable à côté de moi ; quelques centimètres plus à droite mon compte était bon.
Plusieurs déserteurs Bulgares passent dans nos lignes.
Le 29 au soir – relève – nous retournons au piton intermédiaire. Je suis obligé de faire deux voyages pour transporter toutes les affaires du lieutenant et je m’égare. Je retrouve la position après avoir beaucoup marché.
Au piton intermédiaire bombardement quotidien. Un obus (105) éclate à l’entrée de ma sape, suis tout étourdi ainsi que les collègues qui étaient venus s’abriter ; pas de dégâts mais terre bouleversée.
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Les Grecs viennent nous renforcer, gens imprudents qui se montrent trop et fait que notre position est bombardée copieusement, beaucoup de tués et blessés chez les Grecs, rien chez nous.
Durant ce séjour je suis allé plusieurs fois à Monastir mais j’ai eu la chance de pouvoir toujours passer au travers des tirs de barrage.
Le 18 nous allons relever la 12ème … qui va au repos. Nous prenons position à 13-16 – position épatante – pas un obus, nous y restons jusqu’au 28, date à laquelle nous quittons le secteur pour aller au repos à Dragas à 22 kilomètres de Monastir.
Nous quittons les lignes le 28 à 1 heure du matin - du 22 mai au 28 juillet pas de repos. Nous arrivons à Dragas à 11 heures du matin, nous restons 8 jours à Dragas puis on nous retire du secteur de Monastir relevés par la 76ème division.
Nous allons à l’arrière direction Prébrénô.
Les marches que nous avons faites pour arriver à Prébrénô ont été très pénibles car trop longues et, quoique marchant la nuit, la chaleur était accablante et beaucoup de poussière.
L’étape Révolani – Garsko 38 kilomètres a été très très pénible. Nous sommes arrivés à Prébano le 13 ou 14 août, pays agréable , beaucoup d’eau on trouve des fruits, melons, poires et des tomates et haricots, quelques moutons. On s’installe croyant bénéficier d’un long repas !!! Le 23 août au soir, coup de foudre, départ immédiat.
Là se termine ma campagne sur le secteur de Monastir.
La ville de Monastir possède quelques quartiers modernes mais l’ensemble est dégoûtant – population formée de serbes, turcs, tziganes – ayant des figures ravagées par les maladies -. La ville a beaucoup souffert des bombardements car, quoi que l’on dise nos ennemis n’ont bombardé la ville que lorsqu’ils ont appris que les troupes et tous les services étaient installés à l’intérieur. Certaines batteries de 75 et de 120 étaient placées dans les maisons, même en ville, vu de mes yeux.
Donc le 23 en route à 5 heures du soir, où allons nous ? Pourquoi seul notre régiment part ? Nous traversons une chaîne de montagne très pénible et, tout suants, on nous fait poireauter 2 heures au sommet de cette montagne par un vent glacial.
En route, à 14 heures, nous arrivons à Garski, crevés de fatigue, et en repartons à 6 heures du soir pour arriver à Nivolani où nous restons 3 jours attendant un gros renfort.
Le 29 août nous quittons Nivolani trouvons Florina et prenons la route de Koutza, plus de doute, nous allons en Albanie. Nous campons le 29 au soir au kilomètre 6 et repartons le lendemain.
Le 30, l’étape -26 km- a été très pénible – 15 km en montagne, chaleur accablante, poussière intense, on est dégoûtants, partis à 6 heures du soir, nous sommes arrivés à 7 heures du matin, nous traversons le col de Risodéré et arrivons à Zélona, départ le soir à 6 heures, chaleur accablante.
Le 31, étape Zelova – Brestnieit – l’étape n’est pas longue 18 km et peu de côtes. On pille les jardins, haricots, choux en abondance.
Le 1er septembre – étape Brestinica Biklista, étape longue 24 km et pénible. Beaucoup de camions qui gênent , arrivons au jour, suis exténué, provision de choux . Le lieutenant commence à m’embêter.
Le 2 , étape Biklista zemlac, étape 20 km mais pas trop fatigante. Nous campons dans une plaine, repos deux jours. Le soir du deuxième jour on nous fait déménager sous prétexte que l’on est trop visible aux avions !! deux jours pour s’en apercevoir, nous allons camper sur la rive droite de la rivière la Biklesta.
Le 4 – étape Zemlac - Koritza – étape longue. On nous fait prendre une route qui allonge, traversons Korizta au petit jour et allons camper à 6 km. Une heure après notre arrivée, un avion boche lâche 4 bombes sur Koritza – le soir départ.
Le 5 – étape Koritiza ? , étape peu longue. Je pars avec le lieutenant à 3 heures de l’après midi pour préparer le cantonnement. Je me débrouille pour avoir des œufs. Le soir j’ouvre mes boîtes de conserve, j’en offre au lieutenant qui les trouve infectes !! départ le soir
Le 6 étape ? – Djurus – étape pénible en pleine montagne, pas de route. Passons la journée et apprenons que le lendemain l’offensive est déclenchée.
Nous quittons Djurus à 6 heures du soir (sans vivres) nous marchons dans la montagne par des pistes épouvantables, plusieurs mulets versent, un mulet de munitions tombe et se tue. Enfin à 4 heures ½ halte au bord du Dévoli – fleuve qui traverse le lac Malik
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Le 7, à 4 heures 45, nous traversons le Dévoli, à gué, j’ai de l’eau jusqu’au ventre, le courant est fort, le lieutenant qui était à pied a peur de se mouiller et monte à cheval, donnant un bel exemple aux hommes. Coups de feu – commandement « approvisionnez » – l’attaque se déclenche – minutes inoubliables – il faut gravir les contreforts qui sont presque à pic – l’ennemi s’enfuit presque sans combattre, nous avons deux blessés au bataillon.
La poursuite commence – nous restons en arrière ne pouvant suivre les voltegaux ( ?), traversons le village de Homeus – quelques femmes qui pleurent – le soleil chauffe, on est exténué, les hommes portent les … - à 9 heures on s’arrête et faisons la liaison avec le 47ème Sénégalais. Je pars en avant avec le lieutenant, chaleur torride, nous avons perdu la liaison avec le bataillon. Le lieutenant est au désespoir , on grimpe toujours mais on ne rencontre personne. Le lieutenant s’arrête, nous cassons la croûte et je vais chercher la Compagnie. Les hommes sont exténués et ne peuvent plus avancer, je retourne auprès du lieutenant qui est au désespoir, des larmes perlent à ses cils. Il m’envoie en avant à la recherche du Bataillon. Je marche mais toujours rien, plus d’eau dans mon bidon. A 1heure de l’après midi, fourbu, je m’arrête au pied d’un gros rocher et m’étends à terre, j’entends marcher dans le bois, je guette et … j’aperçois deux autrichiens, je fais du plat ventre - … - coup de feu, la balle se fige dans le rocher – minutes tragiques – je glisse un peu sur la gauche – 2ème coup de feu – la balle passe au dessus de moi. J’épaule et j’abats l’autrichien qui était le plus rapproché de moi (balle entrée entre le nez et la bouche) j’ai fait mouche – 3ème coup de feu, la balle se fige à 20 cm dans le sol devant moi et à droite, je tire mais l’autre se jette à terre au moment où j’appuie sur la détente, il rampe et va se placer derrière un arbre, il se croit masqué mais je découvre tout le côté gauche de son corps, il ne me voit pas sans doute, j’épaule et tire, mouche encore (balle entrée au dessus du sein gauche, sortie à l’omoplate droite). J’attends quelques minutes et, n’entendant pas de plainte, je me relève et le doigt sur la détente j’avance. Les deux austros ne bougent pas – je me déplace et c’est là où je vois mon travail : petite trace à la lèvre supérieure, flaque de sang et trou énorme derrière la tête. Je fouille le macchabé et prends ses papiers, je fais de même pour le deuxième qui a la bouche pleine de sang – aucune somme d’argent dans leurs poches. Je reprends ma marche en obliquant à droite, finalement je tombe au P.C. du 75ème Bataillon !!! je suis à 6 km de notre Bataillon. Je retourne auprès de mon lieutenant, il est 3 heures ½ , il m’engueule presque parce que je suis resté longtemps absent, ayant entendu mes coups de feu, il croyait que j’étais bousillé. Je lui raconte mon aventure et lui remets les papiers des macchabées : Karl Krieger 24 ans, l’autre Josef Steimack 29 ans.
Le 7 septembre – je suis trempé de sueur et toujours pas d’eau. Les hommes arrivent petit à petit et à 5 heures du soir nous voyons les Albanais qui nous conduisent à proximité du P.C. Nous passons la nuit. A force de chercher je trouve une source, avec les vivres de réserve on fait une soupe, du café et on se couche. Je dors d’un sommeil de plomb.
Le 8, 4 heures du matin on part, le ravitaillement n’est pas arrivé, l’attaque continue, des obus affluèrent, pas de mal. On marche bien mais on perd encore le Bataillon, on s’égare de plus en plus et finalement on est arrêté par un ravin infranchissable. Le lieutenant ne sait que faire. Tout d’un coup fusillade nourrie, on est tiré d’un gros rocher. Tout le monde se cache et nous restons allongés au moins une heure. On retrouve des Albanais qui nous mettent sur la piste et nous retrouvons le commandement, on tombe dans un verger et l’on barbotte pommes, poires. Arrivons à Prenesti – pas de ravitaillement mais on ramasse des moutons que l’on fait rôtir et que l’on mange sans sel, sans pain (il me reste 6 biscuits).
Le 9, départ au petit jour, nous marchons avec le commandement …. Fusillade, éléments autrichiens dans Bragidza qui se rendent presque aussitôt, butin une pièce d’artillerie et 60 prisonniers – c’était rigolo de voir les bonhommes agiter un mouchoir blanc et s’avancer les bras en l’air. Dépassons Bragidza et passons la nuit au dessus du village. On découvre le lac d’Ackrida – pas de ravitaillement.
Le 10 – départ de jour - …… est en déroute. Les Sénégalais qui étaient à notre droite ont de la résistance, ils ont affaire au 13ème chasseurs boches qui se font presque tous tués plutôt que de se rendre. Sur notre chemin, on trouve le cadavre d’un capitaine et de deux soldats boches. On marche toujours et finalement arrivons à Rémondj où nous nous arrêtons. Le ravitaillement arrive, il était temps car on crevait presque de faim. Dans les villages où nous sommes passés, nous avons pris du pain fait par les indigènes mais il était immangeable. Enfin nous avons du pain, les rations de 3 jours, de la viande, du pinard !!! c’est la nouba. On pille le village, veaux, moutons … !!!
Le 11 Le 2ème R.M.A. s’empare de Pograda – aussi notre rôle est terminé. Nous restons à Rémondj jusqu’au 13 et ensuite allons à 8 km en arrière à Stropka – nous sommes dans un bois de marronniers , on découvre le lac d’Ockrida, c’est superbe.
Durant ces 5 journées d’offensive qui a été très brillante ma Compagnie n’a pas eu de perte, au bataillon quelques blessés. Mais à cause de la négligence de nos chefs nous avons souffert de la faim car durant 3 jours nous n’avons pas été ravitaillés. Les fatigues ont été énormes, mais si le ravitaillement s’était fait on aurait moins souffert.
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On ne peut s’imaginer l’effort que nous avons fourni, faire 50 km en profondeur en 4 jours, dans des régions excessivement montagneuses, où il n’existe que très peu de pistes que nous ne pouvions prendre, est un effort surhumain - mais c’est passé. Bref nous restons jusqu’au 19 à Stopka.
Le 18 branle bas, notre Bataillon est désigné pour aller faire une reconnaissance – simple promenade militaire !!! disent nos officiers.
Le 19 – à 3 heures du matin départ, nous traversons Pogradec à 7 heures – passons à Murmulister (nous longeons le lac d’Ockrida) des avions nous survolent. Aussi, durant deux heures, nous faisons halte en plein soleil dans un ravin où il fait une chaleur accablante, des hommes sont frappés d’insolation.
A 11 heures nous repartons et arrivons à Cervénaka où nous restons jusqu’à 4 heures – à 4 heures, départ pour aller camper dans un bois en avant et à droite.
Le 20 – les officiers partent en reconnaissance et à 11 heures je vais à cheval chercher mon lieutenant. Je reviens à pied.
A 4 heures du soir nous partons, l’attaque devant être déclenchée au petit jour. Nous marchons en faisant de fréquentes poses, étant obligés de nous dissimuler à cause des avions.
A 11 heures du soir nous arrivons au point déterminé où se trouvent des petits postes albanais.
Le 21 – réveil à 4 heures – il fait encore nuit.
Les dispositions sont prises pour que l’attaque se déclenche avant le jour – objectif Golisck.
La 21ème Compagnie, capitaine Sénécal, a suivi le cours de la rivière Hosnès qui traverse le village de Hosnes, et doit attaquer l’ennemi sur son flanc gauche. La 22ème et 23ème et la Compagnie 6 M ainsi que le groupe de canons de 37 attaquent au centre, un escadron de spahis marocains à cheval doit faire un mouvement tournant à gauche et capturer les fuyards.
A 4 Heures 45 les dispositions sont prises, la 22ème part en avant, la 23ème reste en réserve. La 22ème fait un … de 500 mètres et se couche. Nos pièces sont disposées en éventail – 1ère section Keschander à l’extrême gauche, 2ème section Bonnefoi à gauche – 3ème section Videau à droite – 4ème section …. A l’extrême droite – les 3-37 sont au centre – 2 pièces de 65 en arrière.
Le Commandant, le sous lieutenant Tartary-Guillon et le capitaine Desgarniers au centre, je suis avec eux.
A 5 heures, les 37 ouvrent le feu – à 600 mètres où l’on distingue certains éléments de tranchées – nos mitrailleurs crépitent.
A 5 heures 10 en avant – nous nous précipitons baïonnette au canon, la 22ème prend contact et la fusillade fait rage. La 1ère et 2ème section restent en réserve pour le planquement – la 3ème , 4ème marchant avec nous.
5 heures 25 nous tombons sur une section de mitrailleurs qui est faite prisonnière – 50 hommes – le sous-lieutenant qui les commande est pris au lit, ainsi que certains hommes !!! 2 mitrailleurs sont capturés, nous abordons le réseau de tranchées – des macchabées - un est mutilé par un 37 qui lui a éclaté dans le ventre. Nous avançons toujours, ramassant de nouveaux prisonniers – avance de 5 km.
Mais les éléments qui se trouvaient dans le village se ressaisissent et la fusillade devient très forte – 3 nouvelles pièces sont capturées mais impossible d’aller plus loin – 4 batteries dont 2 de 105 tirent sur nous, ainsi que des 47, pétard infernal.
Le commandant prie mon lieutenant d’envoyer un agent de liaison reconnaître le terrain au moins 300 mètres en avant. Je suis désigné !!! Je ne crois pas en revenir et remets ma montre et mes papiers au sergent Lecan et, serrant la main aux copains, je saute par-dessus la tranchée – les balles sifflent tout autour de moi, heureusement que le bois où je passe est un peu touffu et ne suis pas vu. J’avance de 100 mètres et me couche – je distingue très bien le village – je reprends ma marche et trouve du barbelé – je passe dessous, les balles passent haut – j’avance jusqu’à la lisière du bois et derrière un arbre j’observe – je vois l’ennemi affairé – à une maison flotte un drapeau, ou un linge ? je la repère – un groupe d’hommes passe sur une piste à 800 mètres de moi – je tire, débandade. Je ne vois aucun élément français ni à droite, ni à gauche – je me replie – arrivé aux barbelés les balles tombent très près de moi, enfin j’arrive à la tranchée sans une égratignure si ce n’est mon bidon crevé par une balle !!!
Je rends compte au Commandant que je suis allé jusqu’à la lisière du bois et que l’ennemi se trouve dans le village, sur une piste ou dans le ravin qui longe cette piste et se trouvant au moins à 1200 mètres de nous, le commandant me serre la main.
Les obus et les balles rappliquent en abondance. Les 47 surtout nous encadrent très bien, position dangereuse et qui devient intenable, pas de casse pour le moment.
A 9 heures le commandant donne l’ordre de se replier sur la position de départ, je vais communiquer l’ordre à la 3ème section – au moment où j’arrive, un collègue … reçoit une balle en plein dans l’œil, la blessure est affreuse.
Nous nous replions lentement, mais il faut passer à découvert aussi les 105 font un tir de barrage qui heureusement ne nous fait aucun mal, quoique des obus aient éclaté à 20 mètres de nous dans un terrain labouré.
A midi nous regagnons nos positions de départ et nous sommes copieusement marmités.
(7)
Les prisonniers arrivent de tous les côtés – ils sont dénombrés 452 plus 7 officiers. Ils sont rassemblés auprès du Commandant – un 105 éclate en plein dans le tas – 2 tués 5 ou 6 blessés – la position devient intenable, aussi à 2 heures départ nous allons plus en arrière et à gauche où nous restons jusqu’à 4 heures, laissant à notre position des albanais.
L’ennemi bombarde toujours la position que nous venons de quitter.
A 4 heures départ – nous emmenons les prisonniers – il fait une chaleur épouvantable, mes kakis et ma capote sont transpersés.
Enfin à 8 heures du soir nous arrivons Cervenika (dans le bois) où nous passons la nuit – les pièces sont mises en batteries, pointées sur les prisonniers – mais la nuit se passe sans incident.
Le 22 au matin nous quittons Cervenika pour retourner à Stropka. Nous campons sur les bords du lac – on mange la soupe et à 2 heures de l’après midi à la baignade – tout le bataillon se baigne – c’est sublime – prendre un bain au nez et à la barbe de 450 prisonniers - qui étaient heureux comme tout.
A 4 heures petit speech du Commandant, nous devons défiler dans Pagradec – départ à 6 heures, arrêt aux portes de la ville – le drapeau et la musique viennent nous rejoindre.
Ordre de marche (commandant, capitaine, adjudant, major, sous lieutenant, la liaison (Lecam – Janvy – Biagini et moi) nous sommes 4 – le drapeau et le restant de la compagnie – les prisonniers – 21 – 22 – 23 – et musique en tête nous défilons dans Paganec où se trouvaient le 5ème et 7ème bataillon ainsi que le 2ème R.M.A. qui forment la haie et nous présentent les armes – nous arrivons à Stropka à 9 heures du soir.
Avec ce coup de maître qui a été magnifique – car notre Bataillon comptait 500 hommes et a fait 450 prisonniers - nos pertes ont été très légères.
Le capitaine de la 21ème a été tué et cette Compagnie a eu quelques blessés – notre camarade Maldent tué et enterré au pied de quelques peupliers, loin de tous - . Mais cette reconnaissance faillit tourner au tragique car d’après les renseignements nous ne devions trouver que 2 compagnies et c’est à 2 brigades que nous avons eu affaire, heureusement que l’ennemi n’a pas contre attaqué, aucun de nous n’aurait pu se replier. Si la mission de la 21ème avait été remplie par un autre bataillon, nous aurions capturé tout le train régimentaire, l’intendance et deux batteries, mais cette compagnie s’est trouvée submergée par le nombre de prisonniers qui se sont ressaisis et ont tué le capitaine Sénécal – nous, étant contre attaqués, pas de chance de salut car nous aurions été pris comme dans un étau – Bref, tout s’est bien passé, tant mieux.
Cette période d’offensive a valu une citation aux armes pour mon bataillon, le 5ème et le 7ème n’ayant jamais pris part aux attaques, le 6ème a toujours été en avant, et ira toujours, car nous sommes des poires. Pour ma part, j’ai été gratifié d’une citation au régiment !! pour la journée du 21 seulement ; pendant la période du 7 au 11, Ausivisié a été oublié, ce qui démontre que ce sont ceux qui font peu qui ont beaucoup – car le caporal d’ordinaire a été cité « A su dans les journées pénibles du 7 au 11 septembre ravitailler sa compagnie !!! en restant à l’arrière – pauvre France.
Nous sommes restés quelques jours à Stropka puis le 3 octobre bonne nouvelle, nous retournons à Florina pour un long repos.
Nous ne prenons pas la même route que pour venir, on nous a fait passer par Potgari Zevasda – Bitolesta – Brestsnica – Zelona – A chaque départ nous défilons devant le drapeau, clairon et musique. A Brestsnica, nous apprenons la citation du Bataillon. Finalement nous arrivons à Florina le 12 et, stupeur, le 14 à 7 heures du matin, et par une pluie battante, départ. Nous reprenons le même chemin, nous traversons Florina par une pluie torrentielle. Tout le monde a le cafard. Nous restons 3 jours à Florina, kilomètre 6 puis en route. Quelle fatigue, du moment où nous avons quitté Ztropka à 4 heures du soir avec la pluie – jusqu’au lendemain matin - il a fallu marcher par une nuit noire, chemins impraticables, où on se flanque par terre tous les 10 mètres. A 2 heures du matin arrêt, nous sommes exténués et ne savons où nous nous trouvons, tout trempés, ne formant qu’un bloc de boue, mais nous dormons sous la pluie jusqu’à 4 heures du matin ; la pluie ayant cessé nous repartons et finalement retrouvons la piste, et arrivons à 7 heures du matin au point désigné.
Nous allons prendre position dans ce secteur qu’il faut organiser et qui serait probablement notre secteur d’hiver et c’est de là d’où partira l’offensive du printemps – offensive sur Goléak, route d’El Banan – Ockrida.
Après maints déménagements du 21 octobre au 3 décembre, nous avons changé 7 fois de positions – on commençait l’organisation du secteur, puis erreur ce n’était pas là qu’était notre place !!!
(8)
Enfin le 3 décembre, la neige commençant à faire son apparition, le secteur est défini, notre Bataillon tient un front de 6 kilomètres, nous sommes dans les villages de Polkazam – Prénélon – Trébinja et Malina, ce dernier est le P.C. et c’est là où nous nous transportons et logeons dans des maisons (infectes) où le vent pénètre (l’eau gèle la nuit dans les seaux) mais le secteur est très calme les lignes ennemies étant à 7 kilomètres, tant mieux.
Enfin le 20 décembre, je suis inscrit sur la liste des permissionnaires mais quand sera le départ ?
A Malina – Albanie
Le 22 Décembre 1917
E. Ausivisié
Photograph
Etienne Auvisié. Portrait
Etienne Auvisié
Memoir
- Souvenirs sur feuilles volantes, 22 décembre 1917,
- Livret militaire,
- Citation à l'ordre du régiment, 28 septembre 1917,
- Fiche de blessure de guerre et bulletin d'hospitalisation, 21 décembre 1916
Souvenirs de la campagne d'Orient
Salonique et Albanie
Mirna (Albanie)
CREATOR
Gisèle Deville
petite-fille d'Etienne Ausivisié
DATE
1916-07-13 - 1917-12-22
LANGUAGE
fra
ITEMS
0
INSTITUTION
Europeana 1914-1918
PROGRESS
METADATA
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