Quatre ans de Guerre pour succomber deux semaines avant l'armistice.

Ignace est le dernier des quatres garçons de la famille Minard. Né le 13 Janvier 1891 a Langy (Allier), il déménage en 1901 pour rejoindre une exploitation agricole a Aubiat (Puy de dôme) où son père, Jacques travaillera comme métayer. Il fait donc partie de la classe 1911 enrolé dans la subdivision de Riom. En décembre 1914, sur sa demande, il est placé dans les services armés et incorporé au 6ème groupe de cavalerie de remonte. Puis, le 26 Mai 1915, il sera muté au 12 Régiment de dragons lors de la prise de la Cote 303. Il sera ensuite envoyé dans l’infanterie face aux besoins de celle-ci le 29 Juin 1915 et passera par deux régiments, le 92ème et le 77ème avant d’être incorporé au 17ème Régiment d’Infanterie, 1er Bataillon, 2ème Compagnie le 27 Novembre 1915. Il arrive précisément dans le régiment à la veille de la bataille de Verdun. Ainsi, le 5 mars 1916, le 1er et le 2ème Bataillon relèvent en première ligne, les éléments établis devant le fort de Douaumont. Le 7 mars, et pendant toute la nuit du 7 au 8, il subissent un bombardement violent d'artillerie lourde, d'intensité croissante. Le 8, au petit jour, les Allemands lancent une grande attaque avec jets de liquide enflammés. Trois vagues successives d'assaut viennent se briser sur les braves des 1er et 2e Bataillons. A 11 heures, l'ennemi est définitivement repoussé. A 11 h.30, une violente attaque sur le secteur de droite réussit à percer le 109e R. I., prend à dos les soldats du 1er Bataillon et s'avance menaçant jusqu'à 100 m. du P. C. du Colonel, au bois de la Caillette. Cette attaque sera repoussée, sans quoi, tout le Régiment aurait été bousculé, fait prisonnier et l'ennemi se serait emparé du village de Fleury et de toute notre artillerie. Le lendemain 9 mars, les Allemands attaquent à nouveau, après une puissante préparation d'artillerie. Les Allemands, très nombreux, renouvellent trois fois de suite leur tentative, mais ils sont fauchés par nos tirs. En vain essayent-ils de se maintenir dans des trous d'obus, ils sont décimés par nos grenadiers et obligés de se replier en désordre dans leurs lignes, à la tombée de la nuit. Nos pertes sont sérieuses (125 tués – 360 blessé), mais des centaines de cadavres ennemis gisent devant nos lignes et le front du Régiment est intact. C'est à la suite de cette héroïque défense que le Régiment fut cité à l'Ordre de l'Armée. Il avait maintenues intactes, au cours de trois attaques que les Allemands espéraient décisives, les tranchées dont la garde lui était confiée. Après avoir arrêté l'ennemi à Verdun, le Régiment va achever dans la Somme l'oeuvre commencée : attaquer à son tour et terminer, par une nouvelle victoire la campagne de 1916. Arrivé dans la Somme à la fin du mois d'août, le Régiment y entre en secteur, devant Estrées. Le Régiment attaque le 14 octobre la sucrerie de Genermont, qui lui était donnée comme objectif. Quelques instants avant l'attaque, il subit un violent tir de contre-préparation qui lui cause des pertes sérieuses. Les hommes sont enterrés par les gros obus allemands, sous la violence du bombardement, qui s'intensifie et bouleverse nos tranchées. Mais après plusieurs tentatives il s’empare de la sucrerie et de la tranchée Poy-poy. Continuant sa progression, le 17e poursuit des reconnaissances jusqu'à la voie ferrée et le bois Bauer et s'en empare. Dans la nuit du 15 au 16 octobre, le Régiment était relevé. Il avait atteint tous ses objectifs, capturé un officier supérieur, 3 officiers et environ 200 soldats ennemis. Ses pertes étaient de 40 tués, 156 blessés, presque toutes dues au tir de contre-préparation ennemi. Après un séjour en Franche-Comté et en Alsace, le 17e prend le secteur au Nord de Sancy (Aisne) et y reste du 3 juin au 28 septembre 1917. On retrouve la trace d’Ignace a ce moment là grâce a une carte postale qu’il envoie depuis Fublaisnes (Seine et Marne) qui se situe a 10 km au Nord de Sancy et où il était au repos. A la suite de son séjour dans l'Aisne, le 17e part pour les Vosges tenir les lignes dans la région de Celles-sur-Plaine et de la Chapelotte de décembre 1917 à mai 1918. Le 28 mai 1918, le Régiment qui était cantonné à Verneuil, dans l'Oise, est brusquement embarqué en camions automobiles et jeté le jour même en pleine bataille, à Cuffies au Nord de Soissons. Les Allemands viennent de bousculer nos défenseurs du Chemin des Dames et marchent sur Paris. L'heure est grave. La possibilité d'arrêter la marche victorieuse des Allemands va dépendre de la résistance offerte par les Français, à l'aile droite de leur mouvement, vers Soissons. Comprenant que le succès de sa manoeuvre dépend de la rupture du front français au pivot de son mouvement, l'ennemi va s'acharner sur ce point. Il mène attaque sur attaque, avec des troupes fraîches, pendant huit longs jours, pour tenter d'y parvenir. Ainsi le 2ème et le 3ème Bataillon effectuent un repli en ordre couvert par le 1er Bataillon qui a reçu la mission de s'accrocher au terrain. Contre des forces très supérieures, le 1er Bataillon livre un combat très dur. En deux jours, attaqué par des forces triples, le Régiment n'a cédé que 4 km d'un terrain jonché de cadavres ennemis. Le 3 juin, l'ennemi, qui a mis en ligne une division fraîche, attaque à nouveau. Il ne trouve plus devant lui que des troupes épuisées, décimées ; depuis 6 jours, le Régiment se bat sans arrêt, il va faire jusqu'au bout son devoir et arrêter définitivement l'ennemi dans sa marche. Le 3 juin, au matin, une attaque ennemie bouscule les régiments qui sont à la droite du 17e. Le 1er Bataillon dont le Commandant CARRE a repris le commandement, retiré du combat dans la nuit du 2 au 3, sa relève terminée au point du jour, est lancé en contre-attaque. Il arrête net l'ennemi à l'Est des carrières d'Hignières. A lui se rallient sur un front de 2 km tous les éléments épars d'une division voisine. Il se bat toute la journée et toute la nuit du 4 en flèche, malgré le repli général. Le 4 l'ordre de retraite est donné, mais il faut combattre, pour ne pas être fait prisonnier. Le front du Régiment est de 6 km, mais il en impose tellement à l'ennemi et lui fait subir de telles pertes, que celui-ci n'ose poursuivre. Épuisés, hésitants, les Allemands laissent échapper la victoire ; 70 hommes tiennent 3 km et suffisent à arrêter 2000 ennemis. Le Régiment a perdu en 8 terribles journées de combats ininterrompus, son colonel, 22 officiers et plus de 800 hommes. Le 14 juillet 1918, à minuit, au soir même des réjouissances mesurées de la Fête Nationale, le Régiment déployé au Nord de la ligne Souain – St-Hilaire-le-Grand, augmenté d'un brave bataillon américain et d'un bataillon polonais, est soumis à un bombardement d'une violence jusqu'alors inconnue. Le Régiment perdait dans cette bataille, du 15 juillet, environ 300 hommes, deux compagnies d'avant-poste, sacrifiées par avance et seulement 8 tués et une trentaine de blessés sur la position principale de résistance. Le Régiment, retiré du front, complète rapidement son instruction, près de Chalons et prend part la bataille du 26 septembre, à l'Est de Somme-Py. Le 1er octobre, les trois bataillons accolés donnent l'assaut face au N. O., élargissant la brèche, faite dans la position principale de l'ennemi et poussent de l'avant à travers les nids de mitrailleuses. Aux ailes, les Bataillons CARRE et SOUCHET parviennent, le premier au N. du bois des Pins, le second au Fond d'Aure. C’est lors de l’attaque de la Hunding Stellung (25 – 26 octobre 1918) que Ignace est décédé. Le 5 octobre, le 17e passe quelques jours au repos, puis est dirigé au-delà de l'Aisne, pour attaquer vers Bethancourt la Hunding Stellung, forte position de repli, préparée de longue date par les Allemands. Le 1er Bataillon commandé par le Capitaine ABILLON, entame la lutte. La 1re Cie, énergiquement commandée par le S-Lieutenant MARLET, marche à l'assaut, dans la nuit du 22 au 23 octobre et, après un combat mené avec la plus grande hardiesse, bouscule les postes ennemis. Puis, c'est le tour de la 2e, aux ordres du Lieutenant FAVRE, d'attaquer la nuit suivante, de mettre en fuite les défenseurs et d'occuper les retranchements avancés de l'adversaire. Le 25, le 2e Bataillon parvient à s'emparer d'une partie des tranchées de la Hunding-Stellung, facilite la prise de Saint-Quentin-le-Petit par un Corps voisin, mais il ne peut se maintenir dans la totalité des tranchées conquises. Il n'en conserve pas moins tout le terrain de l'attaque, 2 canons de 77 contretanks, plusieurs mitrailleuses et environ 200 prisonniers d'un Régiment de la Garde Prussienne. Le 26 octobre, dans une nouvelle attaque du 1er Bataillon, le Lieutenant AUDOIN est tué à la tête de son unité, le Sous-Lieutenant PLACET tombe glorieusement dans la tranchée ennemie qu'il venait d'atteindre. C’est dans cette dernière attaque que le soldat Ignace Minard trouvera la mort. Sources: -Fiches Matricules (Ignace Minard, classe 1911, subdivision de Riom : Matricule 1612). -Historique des régiments (17ème RI et 12ème Régiment de Dragons). -Archives familiales.
Photos d'archives familiales. Ignace MINARD et son frère Jean Baptiste. Ignace et 3 autres camarades du 17ème RI (il est au centre en haut).

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Valentin MOULIN

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1914 - 1918

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fra

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11

INSTITUTION

Europeana 1914-1918

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UGC

Contributor

europeana19141918:agent/28c62026900fdc5517a2a3708fbf0eb2

Date

1918
1914

Type

Story

Language

fra
Français

Country

Europe

DataProvider

Europeana 1914-1918

Provider

Europeana 1914-1918

Year

1918
1914

DatasetName

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Begin

1914

End

1918

Language

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Agent

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Ignace MINARD | europeana19141918:agent/76b27bf99d133891d50b7023ce592081

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Provenance

INTERNET

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Quatre ans pour la Patrie! mais revenu vivant !

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Mon père Joseph LEBRE ,jeune agriculteur de 19ans ,au mas de Beaume, Estourel de la commune de Rosières en Ardèche, est parti appelé sous les drapeaux le 9 avril 1915; affecté dans les chasseurs alpins pour des manoeuvres de formation,il a été ensuite au front dans la Somme. Le 3 octobre 1916 parti en patrouille de reconnaissance il a pris des éclats d'obus dans la tête,après un convalescence, il a eu une permission de 15 jours en Ardèche. Reparti au front il sera fait prisonnier par les Allemands 3 juin 1917 Crâonne à trois heure du matin après un bombardement qui a duré 2 jours;cinquante soldats du 24 BCA seront fait prisonniers ,ils n'avaient pas été relevés en ligne depuis 10 jours et un nuit! Après des conditions difficiles de prisonniers (sous alimentation, travaux pénibles, il sera affecté en Westphalie,ou des prisonniers de toutes nations sont là: Français,Anglais,Russes,Belges,Roumains,Portugais,Sénégalais,Marocains ainsi que toues les troupes d'Afrique.... Il sera après,affecté au camp de Klein Witenberg(Saxe)ou il fallait travailler dur en n'étant pas très bien nourris.La seule consolation sont le courrier et les colis(parfois ouverts,interceptés ,reçus non complets ou tardivement ) de la famille.Il gardera le moral en écrivant son vécu jours après jours,en sculptant des petits objets(bagues en aluminium ect.. Il ne sera libéré que le 15 janvier 1919 ou il retrouve sa famille au mas de Beaume || Livret militaire ,correspondance,carnet de captivité et notes de prisonnier,carnet de chansons de captivité,photos en tenue militaire || || Mon père Joseph Lèbre || Joseph Lèbre || Photograph

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Deux semaines de guerre | une vie à boiter | un talent mécanique.

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Le 28 Mai 1917, journée durant laquelle Victor MOULIN fut blessé, le 416° régiment d’infanterie était au repos. Voilà le résumé des événements précédents ce jour. A partir du 8 Mai, le régiment est appelé à prendre part à l’attaque du Chemin des Dames : il séjourne au camp de Blanc-Sablon avant de monter dans le secteur de Craonne. L'ennemi lance de violentes attaques pour reprendre les plateaux de Californie et de Vauclerc (voir annexes). Le régiment est relevé dans la nuit du 19 au 20 mai. Il a subi de grosses pertes. La violence des bombardements et la fréquence des attaques ennemies ont fait des deux plateaux un des secteurs les plus rudes. Le ravitaillement a été difficile : les hommes ont beaucoup souffert de la soif sur ces plateaux arides et constamment bouleversés. De plus, les abris allemands occupés sont infestés de vermine. Les « poux » boches ne sont pas de moindres ennemis ; les hommes les craignent autant si ce n'est plus que les obus allemands. C’est au cours de la période de repos au camp de Blanc-Sablon que Victor MOULIN est blessé : selon les faits relatés pas ces enfants (René MOULIN, né en 1929 et Yvette MOULIN née en 1930), il descendait dans une cave avec plusieurs camarades lorsqu’un obus vint exploser dans l’entrée de l’escalier. C’est un éclat qui ricocha pour le heurter à l’arrière du genou droit. C’est la fin de la Guerre pour lui. D'après le journal des opérations, deux autres camarades furent blessés le même jour. Quand à lui, il rejoint un centre de rééducation agricole dans un monastère aux alentours de Sisteron dont il obtient un diplôme mention assez bien le 22 Février 1918 a Montpellier (voir ci-dessous). Puis ses affectations se limiteront à l’artillerie et la défense aérienne jusqu'à sa démobilisation le 22 Septembre 1919. Vers 1938, juste avant la deuxième guerre, il fabriquera la première moissoneuse de la région en modifiant un vieux camion renault et en y ajoutant une coupe (voir photo). Extrait des registres matricule, Classe 1916. Numéro matricule de recrutement 2160, subdivision de Riom, Classe 1916. État civil : Né le 16 février 1896 à Effiat, canton d’Aigueperse, département du Puy-de-Dôme, résidant à Effiat, canton d’Aigueperse, département du Puy-de-Dôme, profession de charretier, chauffeur auto, distillateur, cultivateur. Fils de Jacques et de Marie LOURDIN, domiciliés a Effiat, canton d’Aigueperse, département du Puy-de-Dôme. Signalement : Cheveux châtain foncé, Yeux bleu prunâtre, Front moyen, Nez rectiligne. Taille : 1 mètre 64 centimètres. Décision du conseil de révision et motifs. Inscrit sous le n° 66 de la liste du Canton d’Aigueperse, Classé dans la 5° partie de la liste en 1915, Classé dans la 1° partie de la liste en 1916. Détail des services et mutations diverses. Incorporé à compter du 26 Août 1916. Arrivé au corps le 27 Août 1916. Soldat de 2° classe le dit jour. Passé au 85° régiment d’infanterie le 24 Janvier 1917. Passé au 416° régiment d’infanterie le 29 Janvier 1917. Inapte à l’infanterie, proposé pour artillerie lourde à tracteur par la commission de réforme de Béziers du 10 Mai 1918 pour « Blessure ancienne du nerf sciatique poplité interne droit » actuellement guérie presque complétement suite de blessure de guerre par éclat d’obus. Passé au 81° régiment d’artillerie lourde à tracteur le 30 Mai 1918. Passé au 130° régiment d’artillerie le 19 octobre 1918. Passé au 66° régiment d’artillerie de campagne le 5 Décembre 1918. Envoyé en congé illimité de démobilisation (10 échelons) le 22 Septembre 1919 à Effiat. Le dépôt mobilisateur du 53° régiment d’artillerie. Affecté au 4° régiment de défense contre avions le 1er Juin 1921. Cerificat de bonne conduite « Accordé ». Passé au 405° régiment d’artillerie de D.C.A le 1er Avril 1923. Maintenu service armé invalidité inférieure à 10% par la commission spéciale de réforme de Clermont Ferrand du 29 octobre 1924 pour « cicatrice légèrement adhérente et étoilée au creux poplité droit, séquelles de blessure par éclat d’obus ». Passé au centre mobilisateur d’Artillerie N° 414 le 1er Mai 1929. Sans affectation le 1er Mai 1932. Affecté à la classe la plus ancienne de la 2° réserve. Père de cinq enfants, article 58 le 2 Mai 1934. Campagnes contre l’Allemagne du 26 Août 1916 au 21 septembre 1919. Blessures, Citations, décorations, etc : Blessé à Craonne le 28 Mai 1917, plaie jambe droite par éclat d’obus. || Photo de Victor Moulin face à un pressoir à pommes, jeune. Certificat de rééducation Agricole. Photo de la première moissoneuse de la région faite par Victor Moulin en modifiant un vieux camion renault et en y ajoutant une coupe. Photo de Victor Moulin avec son uniforme du 85ème RI.

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FRBNFM-268 Huit ans de guerre pour mes grands-pères !

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Les documents proviennent de mese deux grands-pères : - Monsieur Edouard Ferdinand Argenti, grand-père paternel - François Louis Pichon, grand-père maternel Edouard Ferdinand Argenti, né en 1891, s'est engagé 15 jours avant ses 20 ans, en juin 1911, pour une durée de 4 ans. Il a appartenu au 3e et au 8e régiments de zouaves et a participé à la bataille de Davel Hadi au Maroc dans les années 1912-1913. Il sert ensuite en Algérie puis est mobilisé en décembre 1914. Anne-Marie Argenti a connu ce grand-père mais celui-ci ne parlait pas de la guerre. D'après son livret militaire, il a combattu sur différents champs de bataille, notamment à Carency (Pas-de-Calais) et fut blessé trois fois, mais légèrement, dont une fois à Lignicourt. A la suite d'une de ses blessures, Edouard Argenti a eu une permission de 25 jours en 1917, mais dut rester en quarantaine aux portes de Bastia en raison de la grippe espagnole. Ses proches vinrent le ravitailler jusqu'à ce qu'il puisse rejoindre son foyer. Il fut démobilisé en octobre 1919. Il s'est marié peu après la guerre et a eu 2 enfants. Il exerçait le métier de cheminot. François Pichon était cultivateur en Bretagne, dans la région de Chateaulin. Il a été blessé et soigné pendant une longue période à Perpignan. Après cette blessure, il est envoyé à Thessalonique, d'où il ne rentre qu'en 1921 ou 1922. Il avait 2 enfants, un garçon né en 1913 et une fille née en février 1915. Dans une des lettres conservées par la famille datant du 25 août 1917, François Louis Pichon, alors au front après une période d'instruction, dit avoir reçu d'un coup 6 lettres de sa femme Marie-Jeanne, qui lui écrivait tous les jours mais dont les lettres avaient mis du temps à arriver. Il explique n'avoir lui-même pas écrit pendant 15 jours faute de papier. Attends moi avec patience, que Dieu nous unisse bientôt et pour toujours dans notre sainte famille, conclut-il. Dans une autre lettre du 28 juin 1918, étant peut-être à Thessalonique, il se plaint de ne pas avoir reçu de lettres et évoque une sécheresse et forte chaleur.

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