Transcriptions (64,324 Items)
0% NOT STARTED
100% EDIT
0% REVIEW
0% COMPLETED
Papiers de Pauline Viardot.XIXe-XXe s. I-II Lettres adressées à Pauline Viardot. I Abertich-Rubinstein.
Item 147
Transcription: 195 expression aussi précise et aussi absolue: - n'importe; c'est une recherche à faire, et l'obstacle lui même apporte son intérêt - Pour passer sans transition à un autre sujet, je vous dirai que j'ai fait hier une perte qui m'a beaucoup chagriné - vous savez bien le petit trousseau que je portais à ma chaîne de montre, et qui se composait de votre clef d'or, de votre main d'acier, et de ma petite croix d'or? - Eh bien tout cela a filé de mon anneau brisé dont les branches qui n'étaient plus assez serrées ont laissé échapper le tout je ne sais où dans la rue: en rentrant à la maison je me suis retrouvé avec ma chaîne seule à mon gilet: - j'en aurais volontiers pleuré de chagrin: - mes chers petits bijoux que j'aimais tant! - M'man m'a donné une autre petite croix que je lui avais donnée jadis: - puis j'ai repris une ancienne clef de montre que j'avais remplacée par la vôtre; - puis j'ai racheté, trop tard hélas, un anneau pour recevoir mes nouvelles petites affaires - mais je suis bien privé! - - autre chose - Leborne m'a donné la fin de mon 2d acte en partition: si d'ici à deux ou trois jours je n'ai pas reçu de réponse de Mr Gye, je lui expédierai ce nouveau fragment comme j'ai fait du premier, par le chemin fer; et j'irai cette fois moi même et je ferai inscrire moi-même, et je prendrai moi-même un reçu de ce paquet si on en donne - - maintenant, bonne nuit. je terminerai cette lettre pour après demain, parce que demain Jeudi nous allons passer la journée à Sceaux avec Marthe, et que nous ne serons sans doute rentrés à la maison que vers onze heure ½ du soir, ou près de minuit - adieu: que le Bon Dieu vous bénisse, vous et votre cher sommeil - --------------------- Jeudi 10 h. un petit bonjour avant de partir, chère Pauline: cela portera bonheur à notre journée, et consolidera le tems qui se montre assez beau ce matin - nous avons eu avant hier de telles ondées que le carrefour qui est sous les fenêtres de ma mie n'était plus qu'un lac véritable que l'on ne pouvait traverser qu'en se mettant de l'eau jusqu'à mi jambe - et les diverses physionomies que nous avons observées étaient bien signifi= catives: on devinait les intrépides, les irrésolus, les sales, les propres, les soigneux, les négligens, à leur seule manière de s'en tirer: - il y avait aussi des bêtes, qui faisaient de profondes réflexions sur le bord pour aboutir à traverser tout naturellement et tout ...aisement les pieds dans l'eau. - on m'appelle pour déjeuner - adieu - à demain - ou à ce soir avant de me coucher - à propos avez vous entendu "Pierre l'hermite" hier soir? Chorley m'écrivait qu'on devait le donner chez Hullah à son dernier concert, avec une nouvelle basse dont il me dit grand bien - - 10 h. ½ du soir - Bonsoir, chère Pauline; nous voici rentrés à l'instant, et un peu plus tôt que je ne l'avais pensé comme vous voyez. Nous avons pris le convoir de 8 h. ½ À l'envers en bas de la lettre Je vous envoie du thym de Sceaux: je n'ai pas reçu votre branche de romarin: vous avez oublié de la mettre dans votre lettre: car je l'ai ouverte avec toute la précaution imaginable et rien n'y était contenu - adieu. Je vous embrasse comme je vous aime ainsi que le Bon Louis - Votre Charles - amitiés à Chorley, et Manuel. Au milieu à la verticale entre les 2 pages de la lettre j'écris aujourd'hui à Gye pour le prévenir que je mettrai Dimanche soir la fin de mon 2d acte au chemin de fer. J'aurai le 3me acte sans doute Mardi... 196 N° 3 Paris -- Samedi 14 Juin / 51- - 3 h. ½ Bonjour, Bonjour, mes chers amis -- je vois par votre n° 2 que j'ai reçu ce matin, chère Pauline, que vous allez bien tous deux et je m'en réjouis -- c'est donc à Mardi le Prophète ? -- allons, bonne chance : -- c'est justement le jour de ma naissance : je me souhaite donc pour ce jour là votre grand succès, le plus grand possible ; ce sera une excellente manière de le fêter -- j'ai entendu ce même Prophète hier soir par la marchande d'oranges et le jeune Chapuis -- la première a chanté comme vous savez, car vous l'avez entendue avec moi dans ce même Prophète : -- mêmes qualités qu'alors, et mêmes défauts : rien n'est changé, si ce n'est peut-être plusieurs accents plus justes dans l'expression de la voix : ainsi elle a mieux dit que l'année dernière, je crois, la phrase « Donnez, donnez pour une pauvre âme » surtout le commencement : du reste, même économie de soi, même égoisme dramatique ; çà n'est pas sa faute, la grosse, elle est comme çà -- Dans « ô ma fille, ô Judith nouvelle ! » voici ce qu'elle fait : dessin d'une portée musicale texte sous la portée et de leur Roi frappe le sein frappe frappe le sein Voilà tout ce que j'ai à vous dire sur son compte. Là dessus, rage de claque comme toujours, et puis allez -- ce qui est curieux c'est la manière dont elle dit au 5me acte : « aucun d'eux n'eut osé, « faussaire, et sacrilège » -- Elle a ni plus ni moins l'air de lui dire : « Vois tu mon petit chat, çà n'est pas gentil ; çà fait de la peine à maman ; il ne faut plus recommencer çà ; n'est ce pas que tu ne le feras plus ? » -- voilà pour Fidès -- 199 Excursion à l'opéra comique pour voir Perrin qui (d'après ce que m'avait dit ) me donnait mes entrées et désirait se trouver avec moi - J'arrive, je demande le directeur, personne: il n'était pas à Paris hier soir! J'entre grondant,et j'entends Raymond la nouvelle pièce de Thomas dans laquelle se trouvent des choses agréables, superficielles, mais plus distinguées, ce me semble, que beaucoup des précédents ouvrages du même auteur - Cependant je rentre à la maison, saisi de si violentes crises d'estomac que j'en suis couvert de sueur: je me couche, et par bonheur, ces crises me quittent et me laissent dormir quoique d'un sommeil un peu equivoque et peu reposant, car je suis brisé ce matin - et pour me refaire, je vais tout à l'heure chez Melle Masson, puis à midi ½ à une répétition au foyer, puis ensuite chez Mlle qui m'implore de son coté pour lui faire revoir son rôle avant mon depart; de sorte que l'embêtement ne me manquera pas encore aujourd'hui - on se hâte tellement pour remettre Sapho sur pied que je ne sais encore si je pourrai partir dimanche soir. Je n'ai pas vu hier Leroy, de sorte que je n'ai rien pu savoir des projets de l'administration. cependant Mlle Masson ayant dit qu'elle croyait impossible qu'elle fût prête pour Lundi, je ne serais point étonné qu'on me remit après le départ de l'Alboni, qui par parenthèse fait monter à l'opéra pour elle, et pour une seule fois la fille du régiment qu'elle doit chanter à sa représentation à Bénéfice - il parait que rien ne lui résiste: elle n'a qu'à dire comme dans ali-Baba: "Sésame, ouvre toi!" - quoiqu'il en soit que Chorley m'attende Lundi matin; car je crois fort que je partirai dimanche: Ils s'en tireront très bien sans moi quand j'aurai donné à Mlle Masson les principales indications nécessaires au sentiment du rôle: Je ne veux lui laisser ignorer aucune de mes intentions; après quoi elle fera ce qu'elle voudra - Ce soir, la Corbeille. Lundi sans doute le Prophète: puis on répète aussi les Huguenots qui ont été un peu suspendus par la reprise de Sapho - quelle confusion que ce tripot dans le travail de l'opéra! - Ils ont bien l'air de ne pas savoir ce qu'ils veulent; C'est juste, car ils en ont bien la chanson - 201 N° 8 Paris - Vendredi 27 Juin / 51 -- 10 h - Bonjour, Bonjour, Bonjour, ma bonne chère bien chère amie. Dieu ! que le tems commence à me durer de ne pas revoir vos deux bonnes chères figures, et comme j'ouvrirai mes grands yeux ronds la première fois que cela me rarrivera ! vous savez que le bon Tourgueneff dit que c'est quand je suis content que j'ai les yeux ronds -- c'est vrai, je suis tout étonné de ne pas vous voir : vous êtes tellement dans les habitudes de mes yeux que votre absence me fait l'effet d'une clairière, d'une coupe énorme dans un bois que j'aurais connu bien nourri et bien touffu. C'est si bête, si nu, la vie sans les amis ! -- on dirait une nourriture qui n'a plus grand goût -- Pourtant je travaille, et je travaille d'autant plus que c'est et contre votre éloignement et pour mon profit : deux stimulants de bonne taille --- j'ai trouvé hier un nouveau chœur de femmes ; les joyeuses compagnes des prétendants au festin du 4me acte - Il est dans le genre obstiné des airs mexicains, avec accord et thème de moi. En voici l'orchestre : 1 flûte, 1 petite, 1 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors, triangle, tambour de Basque (puisque les femmes sont représentées en tenant à la main) : -- puis le quatuor pinicato tout entier sans contre basses : -- le mouvement est 2/4 allegretto, en fa, le triangle et le tambour de basque frappent incessamment les 4 croches de la mesure -- il y aura, je crois, un heureux embrassez Manuel et Chorley -
0% NOT STARTED
100% EDIT
0% REVIEW
0% COMPLETED
Papiers de Pauline Viardot.XIXe-XXe s. I-II Lettres adressées à Pauline Viardot. I Abertich-Rubinstein.
Item 146
Transcription: 194 N° 2 Paris - Mercredi 10 juin / 51 - Minuit- Bonsoir d'abord, ou bonne nuit, chère amie - J'ai reçu aujourd'hui votre n° 1 qui me dépeint amèrement le mouvement du bateau, et qui pis est celui de vos cœurs à presque tous pendant la traversée -- Pauvre Louis ! Hélas, je m'y attendais, connaissant son extrême sensibilité, et les faciles émotions de son cœur à l'endroit de la mer -- Grâce au ciel, vous, chère vous vous en êtes tirée, cette fois encore à votre avantage - maintenant, j'espère que vous êtes tout à fait quitte de ce tribut payé si tardivement au roulis du paquebot. -- quant à moi ce n'est point le mal de mer, mais le mal de père que j'ai en ce moment. Je viens de terminer le grand chœur des Porchers en entier jusqu'à « je dors paisible sur la paille » -- vous ne pourriez croire combien la forme musicale est difficile à découper sur ces vers d'inégale mesure : je vous assure que la mélopée en est aussi laborieuse que le sentiment et le sens en sont nobles et touchants. L'intérêt le dispute heureusement à la peine ; sans quoi, ce serait à y renoncer - Il y a en outre une telle abondance et une telle multiplicité de pensées en quelques vers que c'est encore une autre histoire de suivre l'intention d'un poëte qui, cette fois, est loin d'être un simple parolier, et que l'unité musicale serait bien facilement altérée par la fidélité obligatoire à une 196 N° 3 Paris -- Samedi 14 Juin / 51- - 3 h. ½ Bonjour, Bonjour, mes chers amis -- je vois par votre n° 2 que j'ai reçu ce matin, chère Pauline, que vous allez bien tous deux et je m'en réjouis -- c'est donc à Mardi le Prophète ? -- allons, bonne chance : -- c'est justement le jour de ma naissance : je me souhaite donc pour ce jour là votre grand succès, le plus grand possible ; ce sera une excellente manière de le fêter -- j'ai entendu ce même Prophète hier soir par la marchande d'oranges et le jeune Chapuis -- la première a chanté comme vous savez, car vous l'avez entendue avec moi dans ce même Prophète : -- mêmes qualités qu'alors, et mêmes défauts : rien n'est changé, si ce n'est peut-être plusieurs accents plus justes dans l'expression de la voix : ainsi elle a mieux dit que l'année dernière, je crois, la phrase « Donnez, donnez pour une pauvre âme » surtout le commencement : du reste, même économie de soi, même égoisme dramatique ; çà n'est pas sa faute, la grosse, elle est comme çà -- Dans « ô ma fille, ô Judith nouvelle ! » voici ce qu'elle fait : dessin d'une portée musicale texte sous la portée et de leur Roi frappe le sein frappe frappe le sein Voilà tout ce que j'ai à vous dire sur son compte. Là dessus, rage de claque comme toujours, et puis allez -- ce qui est curieux c'est la manière dont elle dit au 5me acte : « aucun d'eux n'eut osé, « faussaire, et sacrilège » -- Elle a ni plus ni moins l'air de lui dire : « Vois tu mon petit chat, çà n'est pas gentil ; çà fait de la peine à maman ; il ne faut plus recommencer çà ; n'est ce pas que tu ne le feras plus ? » -- voilà pour Fidès -- 198 N° 5 Paris - Vendredi 20 Juin / 51 --- 9 h - ¼ - Bonjour, chère bonne amie, Bonjour. J'attends ce matin une lettre de vous, et je l'espère et je la souhaite un peu plus longue que cette méchante feuille ci dont il va falloir que je me sépare à 10 h. moins ¼ pour aller chez Mlle Masson qui m'a demandé hier une et même plusieurs séances d'ici à mon départ pour l'Etude du Rôle de Sapho. Voici comment s'est passé mon tems depuis avant hier --- Courses d'affaires d'argent et achat de diverses choses dans Paris : dans l'après midi vers les 3 h. visite à St Germain chez Halévy auquel j'avais absolument promis d'aller le voir, et je voulais me défaire de cela avant de partir. Hier, à l'opéra à midi ½ pour répétition au foyer des trois actes avec Mlle Masson (qui est m'a-t-on dit, bien loin toujours de valoir au théâtre ce qu'elle est aux répétitions). C'est dommage, car elle a été vraiment très passable, et même assez sympathique dans quelques passages. Après laquelle répétition, séance avec Leborne sur la transposition, et modification pour l'orchestre des notes impossibles dans tels instrumens, telles que sol grave des violons devenant un fa # impossible et autres impicci semblables. --- ce soir 201 N° 8 Paris - Vendredi 27 Juin / 51 -- 10 h - Bonjour, Bonjour, Bonjour, ma bonne chère bien chère amie. Dieu ! que le tems commence à me durer de ne pas revoir vos deux bonnes chères figures, et comme j'ouvrirai mes grands yeux ronds la première fois que cela me rarrivera ! vous savez que le bon Tourgueneff dit que c'est quand je suis content que j'ai les yeux ronds -- c'est vrai, je suis tout étonné de ne pas vous voir : vous êtes tellement dans les habitudes de mes yeux que votre absence me fait l'effet d'une clairière, d'une coupe énorme dans un bois que j'aurais connu bien nourri et bien touffu. C'est si bête, si nu, la vie sans les amis ! -- on dirait une nourriture qui n'a plus grand goût -- Pourtant je travaille, et je travaille d'autant plus que c'est et contre votre éloignement et pour mon profit : deux stimulants de bonne taille --- j'ai trouvé hier un nouveau chœur de femmes ; les joyeuses compagnes des prétendants au festin du 4me acte - Il est dans le genre obstiné des airs mexicains, avec accord et thème de moi. En voici l'orchestre : 1 flûte, 1 petite, 1 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors, triangle, tambour de Basque (puisque les femmes sont représentées en tenant à la main) : -- puis le quatuor pinicato tout entier sans contre basses : -- le mouvement est 2/4 allegretto, en fa, le triangle et le tambour de basque frappent incessamment les 4 croches de la mesure -- il y aura, je crois, un heureux embrassez Manuel et Chorley -
0% NOT STARTED
100% EDIT
0% REVIEW
0% COMPLETED
Papiers de Pauline Viardot.XIXe-XXe s. I-II Lettres adressées à Pauline Viardot. I Abertich-Rubinstein.
Item 148
Transcription: 195 verso au lieu de nous attarder jusqu'à celui de 10 heures - ma toute petite nièce va mieux, quoique pelant encore des suites de sa fièvre éruptive, ce qui fait que je ne suis point entré dans sa chambre et ne l'ai point vue - Lolotte va supérieurement: elle est superbe: un teint de vénitienne: -- et des yeux! ah! des yeux!....qui m'ont fait penser avec bien des regrets combien son pauvre père aurait été heureux de les voir et d'y plonger les siens! - - Marthe ne va pas mal: toujours pleurant, et plus inconsolable, ce semble, que jamais - Marie souffrait horriblement: elle a du prendre de l'opium, ce qu'elle ne fait jamais qu'à regret, vu qu'un pareil moyen de soulagement est toujours au détriment de l'organisation qui ne se soulage qu'en s'affaiblissant - Je vais me coucher, content de vous avoir revue un moment ce soir; demain, je fermerai cette lettre que vous recevrez j'espère après demain de bonne heure - adieu: bonne nuit; bon et doux et reposant sommeil - adieu - votre Charles - Vendredi matin - 8 h. Bonjour, chère amie. M'man a été parfaitement tranquille dans son petit coin: et bien qu'elle n'ait pas fameusement dormi elle dit qu'il n'y a de la faute ni de son lit qui est très bon ni du local où elle n'entend aucun bruit: j'espère donc que quand elle aura pris l'habitude de nuits plus tranquilles, le sommeil lui reviendra un peu - Ce soir le Prophète avec l'Alboni et les Débuts de Chapuis dans le rôle de Jean: On compte sur un succès énorme et on croit que Roger va être tué sous le nouveau primo uomo: a - J'ai reçu hier une lettre d'un marchand de musique Mr Choudens Rue St Honoré 385' près la Rue Nationale, qui me dit que plusieurs morceaux de mon charmant opéra lui sont demandés avec instance; il me demande quand ce sera public, ajoutant qu'il est à regretter que ce ne soit pas déjà fait. Que pensez vous de cela? faudrait-il en causer avec lui, et le tâter lui même à l'endroit d'une édition? Cela me semble bien peu saillant comme magasin pour donner son nom à une publication de partition. J'aimerais mieux attendre l'Angleterre. 197 Quant à Jean, autant il a été charmant dans le 2d acte, autant il a eu l'air Jean-Jean au 5me - mais je passe par là dessus: c'est le début sur les planches, et je me figure que ce ne doit pas être commode - mais il prononce, il articule et prosodie à merveille: sa voix est charmante et distinguée, et extrêmement sympathique. Il a en outre vraiment bien dit le cantique qui termine le 3me acte: "Roi du ciel" - ce qui a été le moins heureux c'est la fin du quatuor avec les anabaptistes au 2d acte: "Que je l'embrasse! que je l'embrasse!" - Le Ré de tête lui a complètement manqué: il a du retomber sur le si ce qui fut d'un effet malheureux. Tout le medium de la voix est admirable. - je crois en somme que sans être un triomphe ç' a été un succès pour Chapuis - Il a assez bien dit le trio du 5me acte ainsi que le duo - la Bacchanale de la fin assez bien: mais mal terminé - Il a la voix agile et forte et dans la rapidité: il a fait tout d'une haleine dans "Roi du ciel et des anges" le trait de rentrée que Roger est obligé de couper deux fois pour respirer - on redonne le Prophète Lundi: nous allons voir comment Chapuis va s'établir: à la 2de fois il sera sans doute mieux; sans doute aussi il sera à peu près jugé. Berthe a très bien dit la Romance à 2 voix du 1er acte: mieux que jamais: mais comme elle n'est jamais sûre de rien, et que par conséquent on ne saurait être tranquille sur son compte, il a bien fallu qu'elle prît sa revanche: aussi a-t-elle détoné ..... à pierre fendre ...dans sa partie du trio au 2d acte quand elle est cachée; - et dans le Duo avec Fidès au 4me acte: - le trio de la fin, elle l'a aussi beaucoup mieux dit sans qu'aucune des notes hautes dans la force fût douteuse. Pourquoi cette fille ne peut elle être sûre de rien? - C'est cruel -- -- Il paraît, ma chère bonne amie -, que vous n'avez pas pu aller entendre mon pauvre "Pierre" car vous n'en dites rien dans votre lettre. Peut être ne l'a - t - on pas joué - j'attendais votre impression avec l'anxiété que vous me connaissez, quand je sais que vous allez entendre deux notes de ma façon - c'est dans cet état que je vous présenterai mon chœur de " Venez prétendants" auquel par parenthèse, j'ai retravaillé: la fin, l'extrême fin ne me convenait pas encore. ah! voyez vous! c'est que c'est bien difficile de faire de la musique!!!! - Enfin, à la grâce de Dieu: je crois que maintenant je lui ai dit mon dernier mot; toute la vocale de ce chœur est écrite. - J'ai vu ce matin Leborne qui m'a dit que peut être bien mon dernier acte serait terminé ce soir entre 5 et 6 h. J'y vais aller voir: en ce cas je le joindrais demain à la fin du 2d acte que j'expédie à Mr Gye - J'ai fait encore ces derniers jours à plusieurs reprises acte de bonne volonté pour des airs de ballet: je n'ai trouvé que des thèmes qui me font mal au cœur: et de plus je trouve moyen d'abîmer ce joli air Espagnol que j'espèrais tant pouvoir bien employer - Espérons encore qu'un de ces jours la consolation me tombera d'en haut. - J'ai reçu aujourd'hui un mot de lucas qui me propose dans le plan du Paria une modifiacation détestable: j'irai la lui rendre - le nouveau plan deviendrait en trois actes - Leroy en voudrait maintenant 5: - et mois aussi; car c'est moi qui les lui ai proposés. Texte transverse ajouté au milieu de la lettre Je rouvre ma lettre pour vous dire ceci: je pense qu'il est plus simple de ne pas vous envoyer de reçu: veuillez simplement dire à Mr Gye qu'il doit à Mr Leborne 113 f 113 f. 10 c. et que je le prie de me les faire toucher chez la personne qui a payé F. Ontaza. - 200 voici 10 h. moins ¼, chère amie; je vais me sauver chez Mlle Masson: je ne ferme pas ma lettre: je reviens déjeuner ici à 11 h - Je vous dirai adieu avant d'aller à la répétition. Je viend de descendre chez le portier; pas encore de lettre: j'en trouverai peut être une en rentrant déjeuner. - mon Hermite vous aura - t - il plu ou non; c'est ce que je voudrais savoir - à tout à l'heure donc: sans adieu - Je pense avec bonheur que je n'ai plus maintenant grand lettre à vous écrire avant de vous voir: celle ci est même la dernière si je pars Dimanche - quel bonheur! adieu - - 11 h. ¼ - chère amie, je trouve votre lettre en rentant à la maison - je vous dirai que quand j'ai annoncé à Mlle Masson que je partais dimanche sa consternation et son désappointement ont été fort grands. Elle a paru fort chagrine que je ne fusse pas là pour son apparition dans ce rôle - mais voici que votre lettre me parle d'une époque tellement plus reculée que celle à laquelle je m'attendais, que véritablement je crois devoir attendre quelques jours pour partir. Mlle Masson dit qu'elle peut être prête pour Mercredi si on veut: je ne partirais donc que Lundi je crois que la possibilité d'éviter un départ ? pour une artiste qui reprend ma pièce vaut bien que je lui accorde quelques jours et que je lui témoigne un égard. Qu'en pensez vous? Jugez et dites: si vous pensez que je ne fasse pas bien, que je me trompe , Ecrivez et je pars. Je vous croirai comme parole d'Evangile: je vous croirai comme je vous crois pour "Pierre L'Hermite". - Je ne veux pas fermer ma lettre sans vous envoyer ma plus vive et ma plus intime présence pour votre Prophète de demain soir. Vous savez bien que je serai là et à quel point j'y serai - adieu; je vous chéri et vous embrasse du meilleur de mon cœur - Embrassez notre Louis pour moi sur ses deux joues que j'espère trouver bien pleines, et qu'il vous le rende à mon intention s'il le veut bien. adieu - je vous aime - Votre Charles 201 N° 8 Paris - Vendredi 27 Juin / 51 -- 10 h - Bonjour, Bonjour, Bonjour, ma bonne chère bien chère amie. Dieu ! que le tems commence à me durer de ne pas revoir vos deux bonnes chères figures, et comme j'ouvrirai mes grands yeux ronds la première fois que cela me rarrivera ! vous savez que le bon Tourgueneff dit que c'est quand je suis content que j'ai les yeux ronds -- c'est vrai, je suis tout étonné de ne pas vous voir : vous êtes tellement dans les habitudes de mes yeux que votre absence me fait l'effet d'une clairière, d'une coupe énorme dans un bois que j'aurais connu bien nourri et bien touffu. C'est si bête, si nu, la vie sans les amis ! -- on dirait une nourriture qui n'a plus grand goût -- Pourtant je travaille, et je travaille d'autant plus que c'est et contre votre éloignement et pour mon profit : deux stimulants de bonne taille --- j'ai trouvé hier un nouveau chœur de femmes ; les joyeuses compagnes des prétendants au festin du 4me acte - Il est dans le genre obstiné des airs mexicains, avec accord et thème de moi. En voici l'orchestre : 1 flûte, 1 petite, 1 hautbois, 2 clarinettes, 2 cors, triangle, tambour de Basque (puisque les femmes sont représentées en tenant à la main) : -- puis le quatuor pinicato tout entier sans contre basses : -- le mouvement est 2/4 allegretto, en fa, le triangle et le tambour de basque frappent incessamment les 4 croches de la mesure -- il y aura, je crois, un heureux embrassez Manuel et Chorley -
0% NOT STARTED
100% EDIT
0% REVIEW
0% COMPLETED
Papiers de Pauline Viardot.XIXe-XXe s. I-II Lettres adressées à Pauline Viardot. I Abertich-Rubinstein.
Item 145
Transcription: le demande, parce que je suis payé pour savoir combien ceux qui nous aiment peuvent, même absents, nous faire de bien et de consolation au cœur dans les heures de peine et de déchirement. Je vous recommande donc à ce pénible moment le souvenir de ceux qui vous aiment pour vous y appuyer généreusement. Jeudi 9 - midi ½ - Le facteur arrive plus tôt que d'habitude, et point de lettres ! Chère ! chère ! seriez vous malade ! Oh vilaines vilaines distances ! que je vous en veux ! mais demain, n'est ce pas, dites nous recevrons quelque chose ! Ne fût-ce qu'un « je vais bien ! » je vous en conjure ne nous laissez pas si long-tems sans nouvelles de vous ! vous savez bien, vous aussi, ce que c'est que l'inquiétude. N'attendant pas le facteur si tôt que cela j'étais allé faire une grande promenade au pas de course par le bois de Blandureau que j'aime à traverser de part en part depuis que j'y ai vu ces riantes petites violettes dont je rapportais 3 à ma main pour vous les envoyer, lorsque sur la route en revenant à la maison j'ai rencontré le facteur qui m'a dit n'avoir rien pour nous : il m'a un peu cassé bras et jambes... Mlle Berthe et Tourguéneff vont aller à Rosay, je vais leur remettre ma lettre que je me hâte de terminer -- adieu, vous savez si tous nous pensons à vous deux! --- faites mes bonnes amitiés à Viardot et à Lady Monson -- j'ai écrit aujourd'hui à Chorley qui m'envoie une seconde lettre très pressante par son domestique pour savoir de mes nouvelles. M'man va toujours bien doucement de sa tête et de ses yeux. Elle vous embrasse tendrement et moi aussi - adieu, adieu, chère Pauline, que Dieu vous garde. votre Charles
Story Metadata (32,433 Stories)
3 Items
0% NOT STARTED
0% EDIT
100% REVIEW
0% COMPLETED
Schreiben von Emilie Göler an die Großherzogin Luise; Tod des Königs Wilhelm II. von Württemberg
3 Items
Description: Hierarchie: Großherzogliches Familienarchiv (Eigentum des Hauses Baden) und Markgräfliches/Großherzogliches Familienarchiv: Nachträge >> Einzelne Angehörige des Hauses Baden >> [13 A] Luise Großherzogin von Baden (1838-1923) >> Familie, Hof, Regierung >> Erziehung, Schulen >> Victoria-Schule und -Pensionat >> Berichtserien >> Emilie Göler von Ravensburg [?-?, Oberin des Viktoria-Pensionats Karlsruhe und der Filiale Baden-Baden 1917-1920/1923]
3 Items
0% NOT STARTED
33% EDIT
67% REVIEW
0% COMPLETED
Schreiben von Emilie Göler an die Großherzogin Luise; Dankesbotschaften an die Großherzogin
3 Items
Description: Hierarchie: Großherzogliches Familienarchiv (Eigentum des Hauses Baden) und Markgräfliches/Großherzogliches Familienarchiv: Nachträge >> Einzelne Angehörige des Hauses Baden >> [13 A] Luise Großherzogin von Baden (1838-1923) >> Familie, Hof, Regierung >> Erziehung, Schulen >> Victoria-Schule und -Pensionat >> Berichtserien >> Emilie Göler von Ravensburg [?-?, Oberin des Viktoria-Pensionats Karlsruhe und der Filiale Baden-Baden 1917-1920/1923]
3 Items
0% NOT STARTED
33% EDIT
67% REVIEW
0% COMPLETED
Schreiben von Emilie Göler von Ravensburg an Großherzogin Luise; Pessimistische Zukunftsaussichten vieler Zeitgenossen
3 Items
Description: Hierarchie: Großherzogliches Familienarchiv (Eigentum des Hauses Baden) und Markgräfliches/Großherzogliches Familienarchiv: Nachträge >> Einzelne Angehörige des Hauses Baden >> [13 A] Luise Großherzogin von Baden (1838-1923) >> Familie, Hof, Regierung >> Erziehung, Schulen >> Victoria-Schule und -Pensionat >> Berichtserien >> Emilie Göler von Ravensburg [?-?, Oberin des Viktoria-Pensionats Karlsruhe und der Filiale Baden-Baden 1917-1920/1923]
4 Items
0% NOT STARTED
0% EDIT
100% REVIEW
0% COMPLETED
Predigttext
4 Items
Description: Enthält: Visitenkarte von Emilie Göler mit einer kurzen Notiz über die Übersendung der Predigt || Hierarchie: Großherzogliches Familienarchiv (Eigentum des Hauses Baden) und Markgräfliches/Großherzogliches Familienarchiv: Nachträge >> Einzelne Angehörige des Hauses Baden >> 13 A Luise Großherzogin von Baden (1838-1923) >> Familie, Hof, Regierung >> Erziehung, Schulen >> Victoria-Schule und -Pensionat >> Berichtserien >> Emilie Göler von Ravensburg ?-?, Oberin des Viktoria-Pensionats Karlsruhe und der Filiale Baden-Baden 1917-1920/1923
Enrichments (404,160 Items)
25% NOT STARTED
75% EDIT
0% REVIEW
0% COMPLETED
25% NOT STARTED
75% EDIT
0% REVIEW
0% COMPLETED
Papiers de Pauline Viardot.XIXe-XXe s. I-II Lettres adressées à Pauline Viardot. I Abertich-Rubinstein.
Item 146
Description: Lettres de Charles Gounod
25% NOT STARTED
75% EDIT
0% REVIEW
0% COMPLETED
25% NOT STARTED
75% EDIT
0% REVIEW
0% COMPLETED
Papiers de Pauline Viardot.XIXe-XXe s. I-II Lettres adressées à Pauline Viardot. I Abertich-Rubinstein.
Item 145
Description: Lettres de Charles Gounod
Previous
OF
101,040
Next